Les femmes réaffirment leur droit à la grève

Suisse • Licite ou pas la grève féministe et des femmes du 14 juin?

Licite ou pas la grève féministe et des femmes du 14 juin? Certains employeurs comme la Confédération ou des entreprises privées ont fait savoir que les grévistes devront prendre congé ou sur le temps libre pour manifester ce jour-là, alors qu’à l’opposé le Canton de Vaud a, lui, reconnu la licéité de la grève. Face à cette situation, 150 femmes, réunies en assemblée le 8 avril dans les cantons de Vaud et Neuchâtel, ont adopté une résolution offensive sur la question. Dénonçant les menaces des employeurs, elles rappellent tout d’abord que le droit à la grève est inscrit dans la Constitution fédérale.

«Ce droit vaut tant pour les travailleuses et les travailleurs des entreprises privées que pour celles et ceux de la fonction publique et des établissements de droit public», expliquent-elles.
Elles soulignent aussi que la grève du 14 juin est d’autant plus légale qu’elle concerne bien «l’application de revendications dans le cadre des relations de travail». «Les discriminations liées au sexe tant en matière de salaires que de conditions de travail et d’évolution professionnelle concernent très clairement le domaine des relations de travail, de même que les mesures pour ladite conciliation entre la vie professionnelle et la vie privée ou familiale ou encore les mesures de prévention et de lutte contre le harcèlement sexuel», détaillent-elles, rappelant aussi le soutien des syndicats au mouvement.

La résolution explique aussi que la grève est proportionnée. «Nous agissons depuis 38 ans pour l’application de l’art 8 de la Constitution fédérale qui prévoit un salaire égal pour un travail de valeur égal et, depuis 23 ans, l’application de la Loi sur l’égalité qui interdit toutes les discriminations à raison du sexe», explique la résolution. «La grève prend aussi en compte la dimension liée aux conventions collectives de travail puisque les syndicats peuvent organiser la grève ou d’autres actions en tenant compte des règles propres à chaque secteur», souligne encore le texte.
«Ce qui est illicite, ce sont les inégalités de salaire, les licenciements de femmes enceintes ou qui reviennent de leur congé maternité, le harcèlement sexuel et toutes les discriminations à raison du sexe ou de l’identité de genre auxquelles nous sommes confrontées tout au long de notre vie. Pas notre grève», conclut la résolution.