Trash Talk s’attaque aux déchets

Vaud • Face à l’urgence climatique, trois étudiants lausannois ont opté pour l’action en créant Trash Talk. Un nettoyage de déchets,
qui ne se prend pas la tête. (Par Loriane Hochet)

Depuis qu’une lycéenne suédoise, Greta Thunberg, a annoncé son projet de Grève scolaire pour le climat, la diffusion de son message a pris une ampleur internationale et des manifestations grandissent de partout dans le monde. «Les manifestations ne se suffisent pas à elles-mêmes», pense pourtant Trash Talk, formé par trois Lausannois, étudiants en sciences de l’écologie ou en communication (Enéa Cordoba, Marc Prébandier et Timothée Steiner), qui veulent agir concrètement. D’après eux, la différence se fera au travers de changements tangibles. Le groupe prend notamment l’exemple de notre situation de consommateurs. Difficile de s’en détacher individuellement, tandis qu’à plusieurs, il est plus simple de s’interroger, de remettre en question et de se concerter afin de trouver des solutions.

C’est en partie pour cela qu’ils ont décidé de lancer Trash Talk: afin d’ouvrir une discussion, de poser des questions qui parfois peuvent déranger et d’aborder les problématiques environnementales avec des personnes qui, a priori, n’y sont pas sensibles. Pour Trash Talk, chacun est responsable, en tant que citoyen, d’agir pour le climat. C’est au travers d’une prise de conscience collective que les choses seront amenées à changer, non pas en comptant sur nos dirigeants: «Sur le papier, la politique a un potentiel énorme, elle peut induire des changements et des réglementations à l’échelle nationale, voire internationale. Malheureusement dans les faits, aucun politique ne porte les discours qui auraient les plus grandes chances de sauver l’environnement, ceux de la décroissance, de la soutenabilité… Les politiques mettent au premier plan l’économie de notre pays. La voie la plus idéale serait un peuple qui voterait démocratiquement la restriction de ses propres libertés.

De ce côté, la Suisse a une carte à jouer avec les initiatives populaires. Mais là encore, «la population doit d’abord comprendre les enjeux de la crise écologique», estime le trio. «Si le potentiel de changement est présent en chacun de nous, il est donc malheureusement freiné par l’inertie du système, les normes sociales… Là où les jeunes peuvent justement faire la différence, c’est dans leurs utopies: ils ont des rêves, croient en leur pouvoir de changer le monde, s’indignent devant les injustices. Que ce soit au travers de manifestations, comme on en voit accroître ces derniers mois, ou d’actions plus concrètes, telles que les nettoyages auxquels participent Trash Talk, chaque acte compte», estiment les Lausannois.

Pour concrétiser sa démarche, Trash Talk a organisé des ramassages de déchets dans la Venoge, en montagne ou dans la forêt de Vallorbe. «On peut voir avec beaucoup d’enthousiasme l’impact que nous avons réussi à insuffler à l’échelle locale, en recevant de plus en plus de témoignages de personnes sensibilisées à la thématique des déchets, grâce à nos vidéos postées sur Facebook ou Youtube», souligne encore le groupe. Le changement est donc en marche, et bien porté par les jeunes