Rente-pont plutôt que murs d’exclusion

Suisse • La semaine dernière, le département de l’Intérieur d’Alain Berset a annoncé vouloir mettre en place une rente-pont pour les chômeurs âgés de plus de 60 ans. Salué par la gauche, l’USS ou le PDC, le projet est torpillé par l’UDC.

Dans le cadre d’un programme «pour encourager le potentiel de main-d’œuvre indigène», le Conseil fédéral a annoncé le 15 mai toute une batterie de mesures pour les travailleurs d’un certain âge, les demandeurs d’emploi difficiles à placer et à réintégrer sur le marché du travail et les étrangers vivant en Suisse. Pour ce faire, Berne devrait mettre sur les 300 millions de francs. «Sur cette somme, un montant de 62,5 millions de francs sera affecté tous les ans de 2020 à 2022 dans le programme d’impulsion des ORP en faveur des chômeurs âgés», a précisé le gouvernement.

Outre cette première offre, il veut aussi mettre en place une rente-pont pour les chômeurs de plus de 60 ans qui arrivent en fin de droit et satisfont à des critères déterminés. Le modèle est déjà en vigueur dans le canton de Vaud, à l’instigation de l’ancien conseiller d’Etat socialiste Pierre-Yves Maillard. «Estimés à près de 95 millions de francs l’année de son instauration, les coûts de la prestation transitoire seront appelés à augmenter dans les années suivantes, à mesure qu’augmente également le nombre de personnes qui atteignent l’âge donnant droit au versement de la prestation», a précisé le Département de l’intérieur. Une consultation est prévue concernant cette prestation transitoire, du fait qu’elle demande une adaptation de la loi.

Le gouvernement a aussi annoncé qu’il envisageait d’élargir les possibilités de préapprentissage d’intégration pour jeunes et jeunes adultes provenant de l’UE/AELE notamment. Un programme de préapprentissage est en cours depuis 2018 pour plus de 700 jeunes réfugiés ou personnes admises à titre provisoire, qui bénéficient d’une préparation ciblée à un apprentissage.

Le PLR veut son paquet ficelé

Tout en se félicitant des mesures prises par son ministre, le Parti socialiste a rappelé que les travailleuses à temps partiel risquent de ne pas pouvoir prétendre à une rente-pont, en raison des revenus minimums proposés par le Conseil fédéral. Il a aussi défendu la possibilité pour tous et toutes de suivre une formation continue en cours d’emploi.

La tonalité est la même du côté de l’USS, qui se félicite des propositions. La faîtière regrette toutefois que cette mesure ne s’applique pas déjà à partir de 58 ans et que le Conseil fédéral ne propose pas d’amélioration de la protection contre le licenciement pour les travailleurs et travailleuses âgés.

Pour sa part, le PDC soutient le programme. Le PLR a demandé, quant à lui, qu’elles soient incluses… dans un paquet. Outre le projet de rente-pont, celui-ci doit inclure l’accord-cadre institutionnel avec l’Union européenne, mais aussi un clair rejet de l’initiative dite de résiliation de l’UDC, qui vise à supprimer la libre circulation et qui sera soumise au vote cette année.

Comme il fallait s’y attendre, la rente-pont est rejetée par l’UDC, qui dénonce une « mesure insensée, financée par l’argent des contribuables ou par une augmentation des prélèvements sur les salaires». Pour le social, l’UDC peut repasser.