«Le mouvement pour le climat veut rester indépendant»

Vaud • Candidat pour les élections fédérales en octobre, le jeune Zakaria Dridi passera au tribunal pour sa participation à la Grève du climat.

«Je serai le premier manifestant de la Grève du climat au monde à passer devant un tribunal», lance Zakaria Dridi. Le 18 juin prochain, il comparaîtra devant le tribunal des mineurs pour avoir pénétré le 15 mars dans le hall des Retraites populaires. «Notre action était non-violente. Nous voulions dénoncer la politique d’investissement de cette caisse, qui gère les retraites des salariés de l’Etat, dans l’énergie fossile», précise le gymnasien lausannois de 17 ans, membre du POP vaudois depuis deux ans et l’un des candidats du parti pour le Conseil national. Avec 18 autres manifestants, il «a entravé un acte officiel», en refusant de refuser de se lever pour quitter le hall des Retraites populaires. «On s’est assis par terre», reconnaît-il en toute innocence. Il risque une amende. Une action de solidarité du POP, ainsi que des militants de la grève du climat, est prévue pour le soutenir le jour de son procès. «Je suis aussi sous la menace d’une amende, que j’ai contestée pour «trouble à l’ordre public» lors de la manifestation contre Monsanto à Morges en mai 2019», reconnaît-il encore.

Depuis le lancement du mouvement des jeunes en décembre, Zakaria Dridi a été de toutes les manifestations pour le climat, s’occupant, par exemple, de prendre contact avec la police pour définir les parcours de manifestation dans la ville.

Rencontre avec le Conseil d’Etat

Le 13 février, il a fait partie de la délégation de 13 jeunes, qui a rencontré le gouvernement vaudois pour exposer les revendications du mouvement, notamment leur déclaration d’urgence climatique. «Les autorités nous ont exposé leur Plan climat cantonal de réduction d’émission de gaz à effet de serre de 50% à l’horizon 2030, tout en reconnaissant que le poids des lobbies économiques était très fort dans les parlements», précise le jeune homme. «Tout comme le canton de Bâle, le canton de Vaud a adopté le 19 mars une résolution sur l’urgence climatique, mais cette proposition est non contraignante, ce qui ne nous satisfait pas», critique-t-il encore.

Autant dire que Zakaria Dridi va continuer à arpenter le bitume ces prochains mois pour défendre ses positions. Que pense-t-il des propositions des jeunes de renoncer à des voyages d’étude en avion et de privilégier le train? Tout en reconnaissant que cette alternative de déplacement est positive, il considère qu’il serait plus important de s’attaquer aux cent multinationales, productrices d’énergie fossile, qui rejettent 71% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, selon un rapport de l’ONG Carbon Disclosure Project (CDP).

Ne craint-il pas que les mouvements comme la Grève, celui d’Extinction rebelion ou Lausanne action climat ne soient menacés par la récupération des politiques? «Des partis comme les Verts ou solidaritéS ont essayé d’en prendre la direction, mais notre mouvement reste indépendant», assure Zakaria Dridi, qui englobe tout son combat écologique dans une lutte contre le capitalisme.