87% des dépenses pour des projets

Solidarité • Samedi 15 juin a eu lieu l’assemblée générale de la Centrale sanitaire Suisse romande (CSSR) à Vaux-sur-Morges, comme c’est la tradition. L’occasion pour faire le point sur les actions en cours et à venir.

En Amazonie équatorienne, les communautés de la région de Lago Agrio réunies autour d'un puit de l'entreprise Texaco-Chevrón demandent "Justice maintenant!" (Lou Dematteis,)

Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas encore cette association, rappelons qu’elle est née en 1937 lorsque des médecins suisses s’engagent aux côtés des républicains espagnols contre le fascisme. Puis elle organise des missions médicales en Yougoslavie pendant la Seconde Guerre mondiale. Après une période de sommeil de dix ans due à la guerre froide, elle renaît sous la forme d’Aide au Vietnam, rapidement intégrée dans la CSSR. On le voit, la CSSR n’a jamais prétendu être une organisation «neutre»: elle s’est toujours engagée auprès des peuples luttant pour leur indépendance ou pour des communautés rurales délaissées par le pouvoir. Depuis quelques années, elle se focalise sur la santé maternelle et infantile en Amérique latine. Notamment en formant des sages-femmes traditionnelles, des promoteurs et promotrices de santé dans les communautés. Elle est agissante au Guatemala, au Nicaragua, en Bolivie et en Equateur. En Palestine, elle apporte un soutien psychosocial aux enfants ex-détenus. Elle offre aussi une aide médicale dans les camps sahraouis.

Laissons de côté la partie statutaire de l’assemblée du 15 juin, sinon pour dire que Viviane Luisier a été réélue à la présidence. Deux chiffres intéressants: 87% des dépenses sont allouées aux projets, 13% à la sensibilisation et à l’organisation. La CSSR a tenu de nombreux stands, notamment le 1er Mai à Genève et dans le cadre du Noël solidaire à Lausanne. Elle compte aujourd’hui quelque 650 donateurs, dont 350 membres cotisants.

Après cette partie statutaire, une discussion animée a eu lieu concernant les propos scandaleux du conseiller fédéral Ignazio Cassis, chef du DFAE. Sa conception de l’aide humanitaire devrait prendre davantage en compte les «intérêts de la Suisse»! Ce qui signifie sans doute vendre davantage de produits de notre industrie aux pays auxquels on prétend venir en aide. Les termes «pauvreté, santé, éducation» sont absents de son discours. Il veut privilégier l’Afrique (où, il est vrai, règne la plus grande misère et où les conditions de santé sont catastrophiques). Mais si la DDC, dont le travail est exemplaire, se retire de Cuba, du Nicaragua et de la Bolivie – pour des raisons politiques que l’on devine – cela aurait des conséquences très graves pour ces pays. Enfin Ignazio Cassis veut réduire à 0,4% du budget, l’aide aux pays en voie de développement. Tout cela nous inquiète et nous écœure.

Puis Helena Blanco, qui réside depuis vingt ans en Amérique centrale, a présenté à l’assemblée le projet Madre Tierra Mexico, qui vise à former des promoteurs/-trices de santé dans le Chiapas au Mexique et au Guatemala. Il s’agit de populations rurales complètement abandonnées par le gouvernement central. Ces promoteurs/-trices seront capables de donner des soins primaires et d’informer sur la santé sexuelle et reproductive. Le projet a aussi un volet de prévention sur les questions d’hygiène, d’accès à l’eau filtrée, d’alimentation, etc. La construction de latrines sèches sera assurée par les communautés elles-mêmes. Tout cela dans la perspective du «Buen vivir», c’est-à-dire du bien vivre, en harmonie avec la nature. Il faut souligner que ce projet a déjà été appliqué dans le passé, mais a dû être abandonné en 2016, faute d’argent. La CSSR prévoit donc de le relancer.

 

Si vous souhaitez participer financièrement aux actions de la Centrale Sanitaire Suisse, vous pouvez faire un versement sur le CCP 17-66791-8.