«On veut des droits, pas la charité!»

Genève • Le Parti du Travail présente 12 candidat-e-s pour le Conseil national. La tête de liste est Maria Perez, cheffe de groupe Ensemble à Gauche au Conseil municipal de la Ville de Genève.

"La réduction du temps de travail à 35 heures est un outil pour l’égalité».(PdT)

La Grève féministe du 14 juin a marqué l’année en Suisse. Pour vous, quelles sont les revendications les plus importantes pour les femmes?

Maria Perez La Grève des femmes a été un grand événement et un tremplin pour continuer à formuler des revendications d’égalité. Le combat pour l’égalité salariale doit par exemple être poursuivi. Pour preuve, cette semaine, le Conseil national a refusé une initiative parlementaire des Verts pour instaurer une commission spécifique pour l’égalité salariale. La révision de la Loi sur l’égalité, avec des contrôles uniquement dans les entreprises de plus de 100 salariés à partir de 2020, n’est pas satisfaisante. Il en va de même avec la protection vieillesse des femmes. Du fait qu’elles sont souvent contraintes d’interrompre leur carrière ou de travailler à temps partiel, elles perçoivent des rentes plus basses que celles des hommes qui omettent tout le travail invisible qu’elles accumulent dans les tâches ménagères ou d’éducation. Il faut aller vers des retraites équivalentes pour les femmes et les hommes, avec à la clé une revalorisation du 1er pilier pour toutes et tous. Celui-ci doit permettre aux retraité-e-s de vivre dans la dignité, sans devoir recourir à l’aide sociale. On veut des droits, pas la charité!
D’autres sujets me tiennent à cœur, comme l’inscription de la notion de «féminicide» dans le Code pénal ou l’élargissement de la notion de viol, aujourd’hui limitée à la pénétration vaginale d’une personne de sexe féminin.

Et au niveau de vos revendications économiques?
Comme cela a déjà été dit précédemment, les femmes sont souvent soumises à un travail à temps partiel générant un salaire qui les précarise et les discrimine. La réduction du temps de travail à 35 heures est l’autre outil pour plus d’égalité, après l’égalité salariale. Cette modification leur permettrait de retrouver du pouvoir économique ou de réduire leurs risques de paupérisation. La mise en place d’un vrai congé parental – autrement plus large que celui que vient de décider le Conseil national qui veut le limiter à deux semaines- permettrait aussi de renforcer l’égalité en faveur des femmes.

Quelles sont vos revendications pour renforcer la représentation des femmes en politique?
Malgré le refus en votation populaire en 2000 du système des quotas féminins au sein des autorités fédérales ou récemment dans le canton de Neuchâtel, un tel système de places réservées dans les listes de partis ou au niveau des institutions a du bon. Comme les choses n’évoluent guère, je serai partisane de mettre en place un projet-pilote dans ce sens durant quelques années.

En juin, le Conseil des Etats a finalement décidé de ratifier un projet de loi pour fixer des quotas de 30% des femmes dans les conseils d’administration des entreprises et de 20% dans leur direction pour les sociétés cotées en bourse. Un pas dans la bonne direction?
Certainement, mais le plus important reste de lutter contre le schéma patriarcal, qui règne dans l’économie, ce qui passe aussi bien par la possibilité d’avoir un accès de qualité et à un prix abordable à des structures d’accueil de la petite enfance que par une éducation sexuelle dès les classes primaires pour aborder les questions de genre, de stéréotype ou de discrimination.