Greenpeace pas emballée

Environnement • Cette semaine, l’association écologique a sorti un rapport sévère contre les nouveaux modèles d’emballage de l’industrie des biens de consommation.

Rédigé en anglais, un nouveau rapport de Greenpeace s’en prend aux nouvelles solutions mises en œuvre par les marques pour lutter contre la pollution des déchets plastiques. L’association écologique dénonce particulièrement les nouveaux produits jetables fabriqués à partir de matériaux tels que le carton ou les «bioplastiques» et le recyclage chimique.

«Remplacer le plastique par des matériaux tels que le papier ou le carton – comme les pailles de papier récemment annoncées par Nestlé – ne fait que remplacer un gaspillage par un autre. Pour produire ce papier, il faut défricher des zones forestières indispensables à la régulation du climat et à la préservation de la biodiversité», relève Greenpeace.

Et d’enfoncer le clou face aux nouvelles propositions de l’industrie alimentaire: «Les entreprises s’appuient sur des mesures prétendument vertes telles que les «bioplastiques». Ce terme trompeur fait référence au plastique fabriqué à partir de matières premières naturelles qui, après transformation, ne diffère guère du plastique conventionnel à base de pétrole», souligne encore l’ONG, qui dénonce les fausses promesses du recyclage chimique.

«Celui-ci n’offre aucun avantage, bien au contraire. Dans le recyclage chimique, les déchets plastiques sont décomposés en composants de base en utilisant beaucoup d’énergie et de produits chimiques», souligne Greenpeace, qui a calculé que d’ici la fin de l’année, la production et la combustion du plastique à l’échelle mondiale émettront autant de carbone que 189 centrales à charbon.

«Les grandes entreprises comme Nestlé, Unilever, Coca-Cola et PepsiCo profitent de modèles jetables. Il n’y aura pas de véritable changement tant qu’ils n’auront pas mis un terme à la croissance de la quantité de plastique utilisée», explique encore Graham Forbes, chef de projet mondial pour Greenpeace USA.

«Ce dont le monde a besoin, ce sont des objectifs concrets de réduction de la consommation de plastique et des investissements substantiels dans un système réutilisable. La livraison et la distribution doivent être basées sur la réutilisation», confirme Matthias Wüthrich, expert zéro déchet pour Greenpeace Suisse