Référendum lancé contre la déduction des frais de garde

Suisse • La droite a accepté un projet de déduction de l’imposition des frais de garde par des tiers. «Un cadeau fiscal de 350 millions pour les familles aisées», selon le PS, qui vient de lancer un référendum.

Le 26 septembre, le Conseil national a accepté, par 124 voix contre 55, la proposition de la conférence de conciliation concernant les impôts des familles. La déduction générale pour enfant passera de 6’500 à 10’000 francs, comme le voulait le National depuis le début.

Les parents pourront déduire jusqu’à 25’000 francs de frais de garde de l’impôt fédéral direct.  La proposition concerne des familles «qui ne sont pas aidées par les communes ou les cantons pour diminuer leurs primes d’assurance-maladie.
Ce sont des familles qui paient des coûts de crèche communale extrêmement élevés, qui ne bénéficient d’aucune aide sociale et qui sont ponctionnées beaucoup plus que les autres. Par définition, ces familles ne paient pas l’impôt fédéral direct», a expliqué le PDC genevois Guillaume Barrazone pour la commission en charge du dossier.

L’argument n’a pas fait mouche auprès du PSS, qui vient de lancer un référendum contre ce nouveau cadeau fiscal de la droite. «La moitié des familles ne paie pas d’impôt fédéral direct. Seules les familles dont le revenu imposable est égal ou supérieur à 100’000 francs bénéficieront de ce soulagement.

Pour les couples mariés à deux revenus, l’allègement complet ne s’applique qu’aux revenus compris entre 300’000 et un million de francs», a expliqué Roger Nordmann, conseiller national (VD). Sortant sa calculette, le parti estime que la plus grande partie de la somme – 250 millions de francs par an – ne profitera qu’aux 15% des familles aux revenus les plus élevés.

«Un couple marié à deux revenus, avec deux enfants, et un revenu de 120’000 francs par année, recevra ainsi une subvention fiscale de 171 francs seulement par année. Un couple avec deux enfants et un revenu d’un million de francs reçoit 910 francs», a exemplifié le PS.

Plutôt que ce système d’arrosage pour les familles les plus aisées, le parti défend un système de crédit d’impôt linéaire pour chaque enfant et chaque famille peu importe son mode de vie et son revenu.