Un congé parental allongé pour le bien-être de bébé

Genève • La gauche et les syndicats déposent un projet de loi au parlement pour un congé maternité/paternité cantonal long de 36 semaines.

L’instauration d’un congé parental est un levier essentiel pour le développement de l’égalité femme-homme et le soutien au nouveau-né. (LDD)

Alors que les chambres viennent de ratifier un congé paternité de deux semaines, entraînant le retrait de l’initiative fédérale du syndicat Travail.suisse en faveur d’un congé paternité de 4 semaines, l’Alternative et la Communauté genevoise d’action syndicale (CGAS) veulent aller plus loin. Ceci du fait que les cantons ont désormais la possibilité de légiférer sur l’instauration de congés paternités cantonaux.

Leur objectif est d’instaurer un congé maternité/paternité de 18 semaines pour chaque parent afin de contribuer à l’égalité femmes/hommes. Dans les faits, cela revient à augmenter de deux semaines le congé maternité et de 16 semaines le congé paternité.

Dans le projet de loi, il est prévu que le père qui remplit les conditions a droit à une allocation pendant 126 jours, à réaliser dans un délai d’une année après la naissance, dont un mois à la naissance.

«L’instauration d’un congé de durée égale pour les femmes et pour les hommes fera diminuer les discriminations en lien avec la maternité sur le marché du travail qui pèsent sur les femmes», justifie la gauche, qui prévoit que le dispositif prévoit également de préserver l’intégralité des revenus des bas salaires, au lieu des 80% prévus par la loi fédérale actuellement. «Il s’agit de rattraper le retard pris par rapport aux autres pays européens», estiment la gauche et la CGAS, sachant que la moitié des pays de l’OCDE prévoient un congé de maternité ou un congé parental d’au moins 43 semaines.

Un coût abordable

Pour financer cette avancée sociale, le gauche genevoise a fait ses petits calculs et estime que son coût serait abordable. «En se basant sur le coût actuel du système cantonal et en prenant en compte l’écart de 30,8% qui existe entre les salaires moyens nets féminins et masculins, le coût des 18 nouvelles semaines de congé maternel/paternel prévu par ce projet s’élèverait à quelque 300 millions. Cela représente environ 1% de la masse salariale du canton, soit une augmentation des cotisations de 0.5% à charge des employé-e-s et de 0,5% à charge des employeurs (contre 0,046% aujourd’hui pour l’assurance maternité, nldr)», précisent la gauche et la CGAS.

Pour justifier sa démarche sur les recommandations de la Commission fédérale pour les questions familiales (COFF), qui a publié, en 2018, un argumentaire basé sur des études scientifiques en faveur de l’introduction d’un congé parental de 38 semaines.

Celle-ci soulignait que le congé parental avait des effets positifs clairs, tant au niveau de la famille et de l’égalité entre femmes et hommes qu’au chapitre de la politique de la santé. «Un congé parental réservé au père de quelques semaines seulement entraîne déjà une plus grande participation du père à la prise en charge de son enfant et améliore ses compétences éducatives», soulignait le rapport.

Celui-ci démontrait aussi qu’un tel congé contribuait à compenser la pénurie de main-d’œuvre qualifiée et permettait aux femmes de travailler davantage sans pour autant devoir renoncer à leur désir d’enfant.