Gauche de la gauche, un casting controversé

Genève • Les Verts triomphent et deviennent le premier parti du canton, alors qu’Ensemble à Gauche (EàG), divisé, mais sousapparenté en plusieurs listes, décroche un siège perdu en 2007.

Le canton de Genève sera représenté par 6 élus de l’Alternative (Les Vert.e.s, le Parti Socialiste, Ensemble à Gauche), soit 50% de la représentation genevoise au Conseil national.

Le résultat contraste avec celui de 2015, où la droite avec l’UDC et le Mouvement des citoyens genevois (MCG) avaient obtenu 7 sièges contre 4 à la gauche (3 PS et 1 Vert). Ce succès s’explique avant tout par le score historique des Verts, qui deviennent le premier parti genevois à l’occasion des élections fédérales du 20 octobre.

Avec 24% des voix (soit 20,8% pour la liste principale et 3,26% pour les Jeunes Vert.e.s) contre 10,9% 2015, les écologistes remportent 3 sièges (+2) sur les 12 de la députation genevoise au Conseil national. «La mobilisation citoyenne pour répondre à l’urgence climatique s’est concrétisée dans les urnes et les Vert.e.s s’engagent à défendre ces revendications au Parlement fédéral», a expliqué le parti dans un communiqué. Celui-ci se réjouit aussi du score national de la formation, qui obtient 13% des voix à Berne.

L’envolée des Verts se fait, en partie, au détriment du PS, qui passe de 19,6% en 2015 à 14,6% en 2019. Le parti perd un siège et se retrouve avec deux élus à Berne. Regrettant la perte d’un siège, le PS se réjouit pourtant d’«un très net glissement à gauche» pour ces élections fédérales.

Etrange jeu de manège

A la gauche de la gauche, la coalition Ensemble à Gauche, partie séparée, mais sous-apparentée reconquiert un siège à Berne. Sur la base des cinq listes déposées, Ensemble à Gauche obtient 7,42% de suffrage, dont 1,16% pour la liste Ensemble à Gauche-Parti du Travail.

Coup de théâtre: lundi soir, SolidaritéS et le DAL ont annoncé que leur élue, la députée cantonale Jocelyne Haller, serait remplacée à Berne au pied levé par la troisième vienne ensuite sur la liste, Stéphanie Prezioso, qui s’était présentée au Conseil des Etats. Ce déni démocratique ne lassera pas d’induire un dégât d’image dans les rangs du parti trotskyste.

«Nous aurions pu espérer un peu plus, même si au final nous avons fait une bonne campagne avec des moyens très limités. Nous saluons le signal positif donné par la progression des Verts et le recul de l’UDC, même si le parlement reste à droite. Nous ne pouvons que désapprouver le choix de solidaritéS de remplacer Jocelyne Haller par
Stephanie Prezioso, qui dénote un irrespect flagrant pour la volonté des électeurs», assure Alexander Eniline, président du PdT.

A droite, tous perdent des voix. Le MCG continue à s’effriter, passant de 9,7% en 2011, puis à 7,1% en 2015 à 5,37% en 2019, il perd son unique représentant sous la coupole.

Arrivé en tête au premier tour, avec plus de 15’000 voix d’avance sur le tandem de l’Entente, le duo vert-rose des deux conseillers nationaux, Liza Mazzone et Carlo Sommaruga, est en passe de remporter les deux sièges genevois au Conseil des Etats.

Le ticket de la droite avec le conseiller national libéral-radical Hugues Hiltpold et la PDC Béatrice Hirschi sera en effet concurrencé par celui de l’UDC, avec la conseillère nationale, Céline Amaudruz, qui reste encore dans la course. Pour le deuxième tour, le MCG a décidé d’apporter son soutien à la représentante de la droite blochérienne.

Tenant dune «croissance maîtrisée», le vigneron-encaveur indépendant Willy Cretegny, arrivé sixième lors du premier tour, jette l’éponge.

Réunis en Assemblée générale, le Parti du Travail, tout comme solidaritéS, ont appelé à soutenir le duo de gauche au deuxième tour du 10 novembre.