Le 9 novembre 1932 reste toujours dans les mémoires

Genève • Comme chaque année, la gauche et les syndicats se donnent rendez-vous le 9 novembre, dès 17h45 sur l’Esplanade d’Uni-Mail, pour commémorer publiquement la fusillade meurtrière de 1932.

Lors de cette sinistre journée, l’armée suisse a tiré sur une manifestation antifasciste, faisant 13 morts et 62 blessés. «Le climat politique était particulièrement tendu à Genève, où, de surcroît, une série de scandales (affaire de la Banque de Genève) avaient éclaboussé les partis de la droite traditionnelle. Des bagarres dans la rue opposaient les militants du parti socialiste de Léon Nicole et ceux de l’Union nationale de Géo Oltramare. Une affiche provocatrice de cette dernière, annonçant la mise en accusation publique des sieurs Nicole et Dicker à la salle de Plainpalais, a poussé les socialistes à organiser une contre-manifestation. Craignant pour l’ordre public, le Conseil d’Etat a fait appel à l’armée. Au soir du 9 novembre, une tactique militaire peu appropriée face à une foule antimilitariste et surchauffée par la violence verbale de Nicole, une succession d’ordres maladroits et le recours à des officiers et recrues inexpérimentés conduisent au drame», rappelle Pierre Jeanneret dans le Dictionnaire Historique de la Suisse.

Dès le 10 novembre, 18 militants et responsables des partis de gauche sont inculpés. 7 sont condamnés jusqu’à 6 mois de prison. Le conseiller d’Etat Frédéric Martin et les officiers qui ont donné l’ordre de tirer ne seront
jamais été inquiétés.

Outre l’hommage aux victimes, la gauche et les syndicats dénonceront les attaques actuelles contre les droits des travailleurs et la répression actuelle. «A Genève, le droit de manifester est menacé par l’intimidation policière et par de nouvelles restrictions, comme les délais, les justifications de demandes, les émoluments et par l’intimidation policière», relèvera dans son discours devant la plaque commémortaive l’Action Antifasciste Genève, tout en soulignant la répression que doivent endurer les Gilets jaunes en France, les Kurdes du Rojava, les Catalans face à l’Etat central ou les étudiant.e.s chiliens.

«Aujourd’hui comme hier, le fascisme ne peut être vaincu que par une lutte résolue des travailleurs et des peuples, une lutte non seulement contre le fascisme stricto sensu, mais contre le capitalisme qui l’engendre», soulignera, de son côté, Alexander Eniline, président du PdT.

En fin de manifestation, outre des interventions du PS, du SIT (pour la CGAS) ou de solidaritéS, la Plate-forme pour l’unité sociale prendra la parole la parole afin d’évoquer la situation chilienne et la répression des manifestations par le gouvernement de Sebastian Piñera.