La droite ne veut pas du salaire minimum

Genève • L’Alternative et les syndicats dénoncent l’inertie de la droite refusant cette avancée sociale, de même que la maîtrise des pertes, suite à l’acceptation de la RFFA.

La semaine dernière, le Grand Conseil a décidé de refuser les initiatives «zér0 pertes» et «23 frs, c’est un minimum». Garde-fou face à la réforme – acceptée par les votants – de la fiscalité des entreprises (RFFA), le premier texte vise à inscrire dans la Constitution genevoise les principes suivants: la nécessité de l’action de l’Etat en faveur d’une réduction de la concurrence fiscale intercantonale, la préservation du financement des services publics et des prestations à la population, le maintien du niveau des recettes fiscales et le renforcement de la progressivité de l’impôt.

«La mise en œuvre de la réforme de la fiscalité des entreprises (RFFA) fait enfler le déficit du canton, qui se monte à près de 600 millions pour la seule année 2020. Les coupes dans les prestations à la population sont à craindre et ne manqueront pas de se déployer ces prochaines années si rien n’est fait. Dans ce contexte, il est indispensable d’inscrire dans la Constitution le principe de la préservation du financement des services publics et des prestations à la population», relèvent l’Alternative (Socialistes, Ensemble à gauche, les Verts) et les syndicats dans un communiqué.

La deuxième initiative lancée par les syndicats et les partis de l’Alternative déposée en 2018, vise à lutter contre la précarité en introduisant un salaire minimum de 4’086 frs pour un plein-temps de 41 heures hebdomadaire, soit 23 francs par heure.

Dénonçant «l’insensibilité de la majorité de droite au fait que de nombreux travailleurs.euse,s ne parviennent plus à gagner décemment leur vie à l’heure où les primes maladie et les loyers atteignent des sommets», l’Alternative et les syndicats rappellent que l’instauration d’un salaire minimum ferait progresser l’égalité dans les faits et réduirait les dépenses sociales de l’Etat en mettant les employeurs face à leur responsabilité de payer des salaires conformes à la réalité économique du canton.

«Le double choix du GC est celui d’une droite clientéliste qui ne défend qu’une minorité de privilégié-es», concluent les forces de gauche, tout en se préparant pour les futures votations.