Avancées timides sur la rente-pont

Genève • Refusant le projet minimaliste de Mauro Poggia pour les chômeurs, le parlement approuve une motion pour la création d’une rente-pont dès 60 ans sur le modèle vaudois.

Le 7 novembre, le Grand Conseil genevois a rejeté par 72 voix contre 18 le projet de rente-pont du magistrat du MCG, Mauro Poggia, qui visait à épargner aux chômeurs de dépendre de l’aide sociale.

Celui-ci prévoyait deux mesures. Tout d’abord un allongement de six mois de l’allocation d’initiation au travail (AIT), la faisant passer de 12 mois à 18, pour favoriser l’engagement des chômeurs âgés de 50 ans.

La deuxième mesure introduisait une allocation-pont pour les chômeurs, ayant épuisé leur droit à l’assurance-chômage, dont la durée totale était de 18 mois au maximum dans les 3 ans qui précèdent l’âge légal de la retraite. Le montant mensuel maximum de l’allocation-pont se serait situé à 4’000 francs. Le coût de la dernière mesure? Six millions.

Dans le canton de Vaud, une telle rente-pont pour les personnes en fin de droit à partir de 60 ans existe depuis 2011. Refusé en commission, à l’exception du MCG, le projet gouvernemental n’a satisfait ni la gauche ni la droite. «Cette demi-rente-pont laisse un sentiment d’inachevé», a expliqué la verte Frédérique Perler. «Cette allocation laisse les chômeurs en plan au milieu de la traversée si leurs recherches d’emploi n’aboutissent pas», a déploré la députée socialiste Léna Strasser.

Une vraie rente-pont?

De son côté, la droite a dénoncé une «politique de l’arrosoir». «Créer de nouvelles prestations n’est pas une solution», a dégainé le PLR Murat Julian Alder, tout en appuyant… le projet de rente-pont fédéral proposé par la socialiste Alain Berset à Berne. Mesure prévue pour contrer l’initiative de l’UDC visant à résilier la libre circulation des personnes avec l’Union européenne, celle-ci concernait les chômeurs à partir de 60 ans et sera discutée dès décembre dans le nouveau parlement fédéral.

Pour sa part, le représentant de l’UDC a défendu une extension de la préférence cantonale sur le marché de l’emploi. «Le seul vainqueur de ce débat, c’est l’inertie, les seuls perdants, ce seront les chômeurs de plus de 50
ans», a vitupéré Mauro Poggia, tout en dénonçant le maximalisme de la gauche.

Refusant le projet du Conseiller d’Etat, le parlement a cependant adopté une motion de Frédérique Perler demandant l’établissement d’une rente-pont sur le modèle vaudois.

Ce premier pas est un signe positif, mais il faut aller plus loin pour l’Alternative. En août (voir GH du 13 septembre), elle a déposé, avec l’appui des syndicats, un projet de loi pour introduire un droit à une rente-pont en faveur des personnes sans emploi dès 57 ans par le biais des prestations complémentaires cantonales

Il est actuellement à l’étude en commission des affaires sociales. «Ce projet de loi institue une vraie rente-pont pour permettre aux personnes sans emploi proches de l’âge de la retraite (chômeurs en fin de droit et sans emploi à l’aide sociale ou sans revenu) de vivre dignement en attendant la retraite, plutôt que de recourir à l’aide sociale», souligne la CGAS.