L’USS veut une treizième rente AVS pour toutes et tous

Suisse • Les bénéfices dégagés par la Banque nationale suisse doivent aussi servir à financer l’AVS pour l’Union syndicale suisse. La Centrale a encore présenté un programme en dix points pour renforcer le pouvoir d’achat des salarié.e.s.

Réunie en assemblée des délégués le 15 novembre, l’Union syndicale suisse (USS) a décidé de lancer une initiative populaire pour une 13e rente AVS. «Cela correspond à une augmentation de la rente de 8,33%. En raison du caractère compensatoire de l’AVS, ce sont les bas et moyens revenus qui en profitent le plus.

En guise d’exemple, une famille composée d’un conducteur de tram, d’une vendeuse à la Coop à temps partiel et d’un enfant toucherait grâce à l’initiative, 300 francs de plus par mois en rente AVS. L’initiative prévoit en outre que les bénéficiaires de prestations complémentaires profitent également de la 13e rente», explique l’USS.

Lors de l’assemblée, les délégués ont aussi décidé que les bénéfices de la Banque nationale suisse seront mis à contribution pour financer l’AVS. «La Banque nationale s’apprête, pour 2019, à réaliser plus de 60 milliards de bénéfices, et à constituer une réserve pour distribution future de bénéfices qui dépassera allègrement les 100 milliards. La moitié seulement de ce montant, additionné à une modeste fraction des bénéfices futurs attendus, assurerait la moitié du financement nécessaire de l’AVS pour les 25 prochaines années», assure Pierre-Yves Maillard, nouveau président de l’USS.

Pour ce faire, la centrale syndicale cherchera à œuvrer au Parlement afin de rallier des majorités en faveur de cette idée. «Si la voie parlementaire devait échouer, l’USS examinera le lancement éventuel d’une initiative sur ce sujet», précise-telle. En 2006, l’initiative «Bénéfices de la Banque nationale pour l’AVS» lancée par le Comité pour la sécurité de l’AVS (COSA) avait échoué dans les urnes.

Programme pour le pouvoir d’achat

Faisant feu de tout bois, l’USS avait organisé le jour précédent une conférence de presse à Berne pour dévoiler son «train de mesures en dix points pour favoriser le pouvoir d’achat et une Suisse plus sociale». Outre le projet de 13e rente AVS, le programme revendique des hausses substantielles de salaire, l’augmentation des allocations familiales- soit 300 francs pour les enfants et 400 pour les jeunes aux études – partout en Suisse.

La centrale entend aussi lutter contre la discrimination salariale des femmes, favoriser le développement des offres de structures d’accueil des enfants ou entériner un 13e salaire pour tous-tes. Elle veut aussi limiter la charge représentée par les primes-maladie à 10% du revenu disponible, comme prévu dans l’initiative populaire du Parti socialiste lancée fin 2018.

Pour finir, l’USS défend la solution négociée avec le patronat en juillet sur le 2e pilier. En échange d’une baisse du taux de conversion minimal à 6% pour les rentes, le compromis prévoit une division par deux du montant de coordination, qui détermine le salaire assuré, ce qui à terme doit permettre une meilleure couverture des personnes travaillant à temps partiel. Il fixe aussi un supplément de rente pour futurs bénéficiaires du 2e pilier, financé solidairement. Celui-ci sera financé par une cotisation salariale de 0,5% sur le salaire soumis à l’AVS jusqu’à concurrence d’un revenu annuel de 853’200 francs.