Mobilisés pour un service public de qualité

Genève • Les syndicats veulent un renforcement du personnel aux Hôpitaux universitaires et des améliorations pour celui des crèches, alors qu’une mobilisation syndicale se prépare le 5 décembre contre le budget 2020 de l’Etat.

Des syndicats vent debout pour la défense de services publics de qualité et des conditions de travail décentes aux Hôpitaux universitaires et dans les crèches. (Cartel)

«Depuis plusieurs années, on observe une véritable dégradation des conditions de travail des soignant.e.s aux Hôpitaux universitaires genevois (HUG). Les règles institutionnelles et la loi sur le travail (LTr) ne sont pas toujours respectées et le management est le plus souvent autoritaire: flexibilité extrême demandée au personnel, intensification du rythme de travail, engagement de plus de 1’000 soignants-intérimaires par an (qui surchargent et insécurisent le personnel fixe), violation des droits de pauses réglementaires, non-reconnaissance des heures supplémentaires, etc. Cela se répercute sur la santé du personnel (le taux d’absence pour maladie aux HUG est de plus de 10%) et sur la qualité des soins». N’en jetez plus!

Mardi, le syndicat des services publics (SSP) a déposé une pétition signée par plus de 1’800 soignant.e.s réclamant 500 postes supplémentaires auprès du Grand Conseil, après s’être brièvement entretenu avec le Conseiller d’Etat Mauro Poggia.

Outre ce point, le syndicat exige l’arrêt des violations des règles institutionnelles et de la loi sur le travail (Ltr), de même qu’un management respectueux et bienveillant. La pétition demande l’abandon des sanctions non institutionnelles (comme des changements forcés de services ou l’interdiction de travailler la nuit) ou des menaces. Mais aussi la fin des demandes de certificat médical pour des absences afin de soigner des enfants de moins de 6 ans ou des pressions des ressources humaines et de la médecine du travail à l’encontre du personnel.
Pour finir, le texte réclame aussi une amélioration des diverses indemnités existantes (notamment de nuit, week-end et jours fériés).

Conditions de travail péjorées

Le même jour, les syndicats SIT et SSP et les associations genevoises des éducatrices et éducateurs de l’enfance (AGEDE) et des cadres des institutions de la petite enfance (ACIPEG) ont tenu conférence de presse pour dénoncer publiquement les attaques contre les conditions de travail du personnel du secteur.

Ils ont rappelé que la CCT Intercommunale pour le personnel des institutions genevoises de la petite enfance, qui s’applique à environ 800 employé.e.s de structures d’accueil subventionnées par certaines communes suburbaines de Genève, a été dénoncée par la fédération patronale (FIPEGS), même si elle reste encore en vigueur.

«La fédération patronale exige, entre autres, l’augmentation du temps de travail hebdomadaire de 40h à 42h30 en cas de pénurie du personnel. Ce qui est déjà le cas pour les éducateurs-trices de l’enfant! Elle veut aussi une réduction de 50% à 25% de majoration salariale des 60 premières heures supplémentaires, supprimer la prime de 500 francs pour la naissance d’un enfant, répercuter les indexations négatives sur les revenus», ont dénoncé les quatre associations.

Elles ont aussi critiqué la volonté des patrons de baisser la prime d’ancienneté ou encore de supprimer la progression des annuités si la commune subventionnant la crèche le décide. «En bref, ces revendications s’inscrivent dans une volonté de réduction des coûts et de flexibilisation du travail», ont-elles résumé.  Face à ces attaques, une pétition a été lancée, qui a réuni en deux semaines 553 signatures, soit 70% du personnel concerné.

Les organisations représentatives du personnel espèrent ainsi que la FIPEGS renonce à ses exigences. «Si la FIPEGS ne revient pas sur ses revendications, nous continuerons à mobiliser», a averti le quatuor.

Dans le secteur privé, les choses ne sont pas tout roses. En juillet, la Direction de l’Office régional de placement (ORP) a publié une directive pour exiger 14 recherches d’emploi pour les employés de l’hôtellerie-restauration contre 10 pour les autres.

Lancée en octobre, la pétition du SIT contre cette mesure «injuste vis-à-vis des assuré-es concerné.e.s et de mauvais augure pour l’ensemble des chômeuses et des chômeurs» a été déposée ce mercredi à l’Office cantonal de l’emploi pour transmission aux autorités.

Pistes de rentrées fiscales

L’automne est chaud. Le Cartel intersyndical a d’ores et déjà annoncé une mobilisation contre le budget 2020 le 5 décembre. «Les 412 postes, déjà très insuffisants, mis au projet de budget 2020 par le Conseil d’Etat ont tous été sabrés par la commission des finances, le 20 novembre. Si ce ne sont pas les annuités, alors ce sont les postes: le personnel demeure la seule variable d’ajustement». annonce le Cartel dans un tract de mobilisation.

Critiquant aussi ce budget d’austérité, fruit de l’acceptation de la réforme fiscale et financement de l’AVS (RFFA) cantonal acceptée en mai, Ensemble à Gauche estime nécessaire «de trouver des pistes de rentrées fiscales supplémentaires». «Les plus grosses fortunes du canton ainsi que les grandes entreprises – qui ont accumulé des trésors colossaux – doivent nettement augmenter leur participation fiscale. La même majorité de droite et du MCG a, au contraire, multiplié les cadeaux fiscaux ces dernières années», pointe la coalition de la gauche combative.