Pétition pour la gratuité des TPG

Genève • Alors que le Léman Express est inauguré cette semaine, les Jeunes POP du canton viennent de lancer une pétition pour revendiquer la gratuité des transports publics.

«Nous défendons une écologie incitative plutôt que punitive basée sur des taxes. Par notre pétition, nous voulons aussi contrecarrer le discours sur la responsabilité individuelle dans la lutte contre le réchauffement climatique. Le principe de la gratuité des transports publics va dans ce sens», explique Sébastien Privet, membre des Jeunes POP de Genève.

Lancée il y a quelques semaines, leur pétition a recueilli déjà plus de 800 signatures. «Elle est aussi ouverte à ceux qui ont moins de 18 ans. Elle s’adresse par ailleurs aux Genevois n’ayant pas le droit de vote. Elle est un instrument plus approprié qu’une initiative, qui demande plus de forces militantes. Cela permet aussi de visibiliser l’existence des Jeunes POP», estime S. Privet.

A terme, les militants comptent déposer le texte auprès du Grand Conseil afin qu’il ouvre une discussion sur le fond. Pour faire passer le projet, les jeunes popistes ont fait leur calcul. Aujourd’hui, les TPG sont financés en partie par l’Etat de Genève (à hauteur de 55% soit 240 millions), par les communes (pour 2% soit 11 millions) et la Confédération pour 3%. Le reste est financé par divers produits d’exploitation pour 4% et par les revenus des transports, qui représentent 35% de l’enveloppe globale, soit 150 millions.

Pour couvrir ces dernières recettes, les Jeunes POP proposent deux sources de financement. «Nous préconisons une augmentation de 2/3 de l’imposition du gain en capital et de l’imposition des entreprises. Ce qui ferait le compte», détaille Sébastien Privet.

Celui.ci  explique que plusieurs villes en France comme Châteauroux ou Aubagne ou Tallin en Estonie ont déjà fait le pas. Cette semaine, le Luxembourg a annoncé qu’il entérinait pour le printemps 2020 la gratuité des bus, trams et trains sur l’ensemble du pays, financés par le budget de l’Etat à hauteur de 40 millions. «Il s’agit d’une mesure à la fois sociale et écologique, qui permettra un transfert de la voiture sur le tram ou le bus», rappelait Dany Frank, Conseillère de Gouvernement adjointe sur la chaîne France 3.

En Suisse, les réticences contre la gratuité restent nombreuses. En 2008, les Genevois avaient refusé par 67% des votants une initiative allant dans ce sens. Dans le canton de Neuchâtel, les Loclois avaient repoussé en 2004, une initiative pour des bus gratuits. Une initiative populaire pour la gratuité cantonale, déposée en 2018, est en attente. Dans le canton de Vaud, une initiative parlementaire pour une gratuité cantonale déposée en 2010 par le popiste Bernard Borel a été refusée. En 2016, une pétition, forte de 3700 signatures en faveur de transports publics gratuits pour les jeunes de moins de 25 ans et déposée par les Jeunes POP Vaud, a aussi été rejetée. Depuis, une initiative parlementaire déposée par Vincent Keller en faveur de la gratuité cantonale est à l’étude.

«La ville de Fribourg a accepté d’entériner la gratuité des transports de la ville pour les élèves de l’école obligatoire. Une pétition pour la gratuité cantonale vient d’être déposée par les Jeunes POP du canton», relève Sébastien Privet.

 

La pétition peut être signée sur www.jeunespop.ch/petition-tpg-gratuits