Le PGE veut pousser l’UE à gauche

Congrès • Le Parti de la gauche européenne a tenu du 13 au 15 décembre son congrès à Malaga. (Par Gaël de Santis, paru dans L'Humanité)

Principal lieu d’élaboration commune des forces de transformation sociale du continent, le Parti de la gauche européenne (PGE) a tenu son congrès, ce week-end, à Malaga, en Espagne. Le slogan de l’événement, «Réinitialisons l’Europe. Allons à gauche!», est tout un programme, alors que débute le mandat de la Commission d’Ursula von der Leyen, l’une des plus conservatrices de l’histoire de l’Union européenne.

Les délégués ont lancé des campagnes sur de grands enjeux communs, tels les réformes des retraites, la transition écologique ou la paix. Deux dates sont déjà inscrites à l’agenda: celle du 8 mars, Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, et un événement de mobilisation contre la guerre et l’Otan, en mai.

Mieux protéger les travailleurs

Bien qu’il n’ait plus d’élu au Parlement européen depuis le scrutin de juin 2019, le Parti communiste français confirme son rôle d’épine dorsale du PGE, dont il est l’un des membres fondateurs. «Il a joué un rôle moteur dans ce congrès, avec les interventions de ses délégués, notamment sur les propositions faites par notre parti aux autres forces de gauche au sujet de la réforme des retraites», explique Vincent Boulet, animateur du collectif Europe du PCF. Celui-ci intègre le secrétariat du PGE. Et Pierre Laurent, qui a présidé l’ensemble européen entre 2010 et 2016, a été confirmé dans ses fonctions de viceprésident du PGE.

Au poste de président, l’Allemand Heinz Bierbaum succède à son compatriote, Gregor Gysi. Ancien dirigeant du syndicat IG Metall de Francfort, le nouveau dirigeant du PGE a été l’un des membres importants du secteur international de Die Linke. Il a invité à «continuer à construire et améliorer la gauche européenne», et à «renforcer la position des travailleurs sur tout le continent». Pour ce, «notre problème, at-il dit regretter dans son discours, est que nous avons été incapables de nous présenter comme une alternative politique crédible». Il invite à un
programme d’investissements publics au niveau continental pour améliorer les conditions de vie des travailleurs et appelle à une politique industrielle en adéquation avec la nécessaire transition énergétique. L’une de ses tâches à la tête du PGE sera également de poursuivre le travail commun entamé avec d’autres forces progressistes, écologistes, sociales-démocrates qui ne se résignent pas à la construction européenne actuelle, et qui ont permis depuis quatre ans l’organisation de forums européens annuels à Bilbao, Marseille et Bruxelles.