La gauche combative à l’assaut des municipales

Genève • Le Parti du Travail lance sa campagne pour les élections municipales de ce printemps. Au programme, la lutte contre toutes les inégalités, les violences multiformes faites aux femmes et une politique écologique réaliste et concrète.

La liste «Parti du Travail, féministes et écologistes» lance 21 candidat-e-s au Municipal et Maria Perez à l'exécutif de la Ville. (Jorge Simao)

«Parti du Travail, féministes et écologistes» dévoilait, lundi dernier, le programme de son combat pour les élections municipales en ville de Genève du 15 mars 2020.

Prenant acte du divorce voulu par solidaritéS (Sols), elle se lance dans la course avec une liste propre. «Ensemble à Gauche est une association qui regroupe la coalition: PdT, Sols et Droit au Logement (DAL), elle prend ses décisions à l’unanimité», déclare Alexander Eniline, président du PdT. En l’absence d’une décision collective, la liste EàG, Sols, DAL – Une ville en mouvement – contrevient aux statuts et «usurpe» le nom de la coalition. Le PdT a d’ailleurs lancé une procédure judiciaire pour demander l’invalidation de cette dernière.

«Notre rôle est de nous opposer à ce qui s’annonce, un démantèlement de la protection sociale et de la culture», explique Tobias Schnebli, candidat sortant du PdT. «Il s’agira aussi de pousser à un investissement dans la rénovation des bâtiments de la ville pour répondre à l’urgence climatique», poursuit-il.

«Nous souhaitons lutter contre le sexisme et pour l’égalité entre les femmes et les hommes», ajoute Arianne Arlotti, candidate PdT. Parallèlement à sa campagne, la formation lance une initiative «pour des salaires équitables – halte aux traitements abusifs des élu.e.s des exécutifs communaux». Celle-ci vise à fixer l’écart entre les revenus des employés des communes les moins bien rémunérés et les membres de l’exécutif.

Un programme fort

Le PdT souhaite la mise en place d’une politique sociale ambitieuse pour toutes et tous, à commencer par les plus jeunes. Pour la candidate Hélène Ecuyer, «chaque enfant doit obtenir une place en crèche ou au parascolaire. Qu’il puisse payer ou non, il faut qu’il ait un repas chaud à midi». Le parti de la gauche combative souhaiterait augmenter l’offre et les capacités des maisons de quartiers «pour toutes les catégories de la population». A destination des plus âgés, il se propose de revaloriser l’allocation en faveur des bénéficiaires des prestations complémentaires (AVS-AI).  Fidèle à ses valeurs et à son nom, il appelle tant au respect qu’à la défense des travailleur.se.s.

Dans le viseur des candidat.e.s, le nettoyage de la ville, assuré majoritairement par des femmes. «Elles réalisent un travail ingrat et sont sous payées», précise Maria Pérez, candidate au Municipal et au Conseil administratif. La liste se propose de municipaliser ces emplois «essentiels», afin d’en améliorer les conditions.

Investir dans l’écologie

Sur le plan du logement, elle souhaite garantir les droits des locataires en mettant fin aux résiliations des baux pour les personnes âgées ou malades. Enfin, dans une perspective à la fois sociale et écologique, elle défend la gratuité des transports publics.
«Genève n’a pas été à la hauteur des enjeux climatiques» aux yeux de Morten Gissbaek, qui se représente. Selon cet architecte de profession, «il faut un plan de rénovation du parc immobilier. Une politique écologique demande des moyens mais aussi une vision. iI ne suffit pas de construire quelques gros bâtiments hyper-technologiques». Il rappelle que l’objectif de 100% de double vitrages, fixé en 1989, devait être atteint en 2012 avant d’être reporté en 2016, à 2026, «soit une période totale de 37 ans».

En matière de protection de l’environnement, la liste annonce se battre pour une réduction massive du trafic automobile et une extension des aménagements dédiés à la mobilité douce.

Le PdT veut mener un combat «pour une ville féministe et égalitaire qui lutte contre le sexisme et la violence à l’égard des femmes dans l’espace public, privé et professionnel». Arianne Arlotti dénonce ainsi la situation précaire d’associations luttant dans ces domaines, telles que Viol-secours qui a reçu 963 courriers de demandes d’aide en 2018 et peine à se maintenir à flot, faute d’aides publiques suffisantes. «La droite se dit pour, mais continue d’exécuter ses coupes», lance-t-elle en référence aux 100’000 francs qui devaient être attribués à l’association avant d’être «balayés» par le Grand Conseil.

Culture accessible et populaire

Un autre engagement de la liste concerne le secteur subventionné de la culture. Pour Salika Wenger, députée au Grand Conseil et candidate, «Genève prend le chemin des grandes cités, avec peu d’accès pour les gens des communes au centre-ville, où se trouvent la culture et le social». Elle pointe des salles de spectacle trop chères, mal desservies en transports publics et aux horaires inadaptés.

«Il faut créer un statut pour les créateurs indépendants ,tels que les intermittents du spectacle et les artistes», poursuit Arianne Arlotti. «La Ville est riche et doit continuer de subventionner les acteurs de la culture, mais pas que ceux du Grand Théâtre», conclut cette photographe de profession.

Parallèlement à sa campagne pour les municipales, le PdT lance une initiative pour fixer l’écart entre les salaires des élu.e.s à l’exécutif et ceux des employés communaux les moins bien rémunérés, à un ratio de 3 pour 1. Actuellement, les premiers gagnent 252’684 francs, sans compter les allocations complémentaires et les indemnités. Cela représente 4.7 fois le revenu le plus bas du personnel de la Ville. En l’état, si l’initiative passait, le revenu le plus élevé serait plafonné à 161’148 francs. «Ainsi, si les élu.e.s souhaitent de gros revenus, ils/elles seront contraint.e.s d’améliorer d’abord ceux au bas de l’échelle», conclut Tobias Schnebli.  En plus de la liste en Ville de Genève, le PdT présentera des candidates et des candidats à Carouge, Vernier et Confignon, annonce fièrement Alexander Eniline.