L’initiative pour limiter les primes maladie à 10% à bout touchant

Santé • Lancée par le Parti socialiste, l’initiative pour limiter les primes des ménages à 10% du revenu, qui compte déjà 117’000 signatures, sera déposée le 23 janvier.

«Cette initiative soulagera le budget des ménages à faibles et moyens revenus et garantira ainsi l’accès à notre système de santé pour toutes et tous. Alors que les patrons des caisses maladie gagnent jusqu’à 800’000 francs par année, les ménages en Suisse consacrent en moyenne 14% de leur revenu disponible pour les primes. C’est inacceptable et pour beaucoup de personnes, familles en tête, ce n’est tout simplement plus viable», déclare Brigitte Crottaz, conseillère nationale (VD).

L’initiative apporte également plus d’égalité entre les cantons, car le droit à la réduction individuelle des primes (RIP) devrait s’y appliquer de la même manière à l’avenir. «Cela protégera les assuré.e.s contre les décisions arbitraires des cantons de faire des économies sur leur dos», ajoute Brigitte Crottaz.

Cette initiative n’est pourtant pas une panacée. «Elle ne cherche pas à résoudre le problème de l’augmentation des primes, mais d’en faire financer une partie plus importante par l’Etat. On ne touchera pas les intérêts des assureurs privés et de l’industrie pharmaceutique, et on restera dans une logique du tout-subside», critiquait dans nos colonnes la présidente du POP vaudois, Anaïs Timofte.

Rationnement des soins?

Pour sa part, le PDC a aussi dépassé les 100’000 signatures pour son initiative «Pour un frein aux coûts de la santé». Le texte prévoit que, si les coûts de la santé augmentent plus vite que les salaires, un mécanisme similaire au frein à l’endettement s’applique. Confédération et cantons seraient alors forcés de prendre des mesures correctrices.

«Si on l’applique mécaniquement, on va tout droit vers le rationnement des soins. Il faudra baisser les salaires des prestataires de soins et couper dans les prestations médicales. On ne réfléchit plus, on ne se préoccupe plus de la qualité des soins. On taille alors que la population est vieillissante et nécessite plus de soins», s’inquiétait à l’époque l’ancienne conseillère aux États Liliane Maury Pasquier (PS/GE) dans les colonnes de la TdG.

A Genève, l’UDC vient, quant à elle, de déposer son texte «Bouclier LAMAL: Stopper enfin l’escalade des primes maladie!». Le texte prévoit l’introduction d’une déduction fiscale forfaitaire correspondant au double de la prime moyenne cantonale. Pourfendeurs des dépenses publiques, les blochériens n’hésitent donc pas à racoler quand c’est nécessaire. Présenté sous formé de motion, le texte avait été recalé par le Grand Conseil en 2014, de même qu’en 2017 son projet de loi allant dans le même sens.