Les Luttes MNA occupent le Grütli

Genève • Le collectif défendant les mineurs non accompagnés appelle à la solidarité et au soutien.

Le collectif Luttes des Mineurs Non Accompagnés (MNA) occupe le Grütli. (JDr)

Depuis le 13 janvier, le collectif Luttes des Mineurs Non Accompagnés (MNA) occupe le centre de production et de diffusion des arts vivant, le Grütli. «Afin de […] faire entendre la voix des jeunes personnes non-accompagnées, et ce jusqu’à ce qu’une prise en charge digne et adaptée soit assurée pour chacun.e, sur le territoire genevois», déclarent-ils dans un communiqué.

S’ils en sont arrivés, là c’est que toutes leurs autres actions ne sont pas parvenues à faire réagir de manière «satisfaisante» les autorités compétentes.

Rappelons qu’ils ont déjà organisé plusieurs actions et mobilisations au cours des 6 derniers mois, notamment devant le foyer de l’Etoile ou encore le controversé Hotel Aïda. En effet, ils dénoncent qu’après une lettre ouverte au Conseil d’Etat, une dizaine de conférences de presse, deux rendez-vous avec la Délégation du Conseil d’Etat aux migrations, une quinzaine de lettres et courriels échangés, le soutien de la Ligue Suisse des Droits Humains, d’Unia et une lettre cosignée par une vingtaine d’avocat.e.s pour dénoncer la violation de la Convention relative aux Droits de l’Enfant, ils restent à ce jour «sans aucune réponse».

«Depuis maintenant plusieurs mois, nous avons alerté les autorités à propos de la situation dramatique des mineur.e.s non-accompagné.e.s et des jeunes majeur.e.s qui souvent sont forcé.e.s de dormir à la rue, alors que nos nuits sont glaciales», clament-ils.

Selon eux, le Service de Protection des Mineurs refuse de les prendre en charge en invoquant le «manque de places», ce qu’ils qualifient de mensonge. Ils ajoutent que même si tel était le cas «ce ne [serait] pas une raison valable» pour refuser des conditions de vie dignes à ces enfants. «Puisque l’Etat laisse dormir des jeunes à la rue, nous prenons l’espace qu’il faut pour qu’ils ne meurent pas de froid […]» déclarent-ils. Ils invitent toute personne à les rejoindre sur place et à les soutenir. «Nous avons notamment besoin de matelas, de couvertures, de coussins, de nourriture, de thé, de café, et de toutes idées.», concluent-ils.