Le référendum genevois contre un parking au centre-ville arrive à bon port

Genève • Les référendaires s'opposent à un projet urbain d'un autre temps.

Ce sont 6’403 signatures – alors qu’il en fallait 3’200 – que le Comité référendaire contre le parking Clé de Rive dans l’hyper-centre genevois a déposées cette semaine à la chancellerie. Composé par les partis de l’Alternative et des associations comme l’ATE, celui-ci s’oppose au projet de construction d’un parking souterrain de 6 étages par une société privée, contrebalancé par la fermeture à la circulation de quelques rues dans les Rues-basses, une «pseudo-piétonisation», dénoncent les référendaires.

«L’utilisation des parkings de l’hyper-centre est en baisse constante ces dernières années. A l’inverse, le pourcentage des ménages en Ville de Genève n’ayant pas de voiture ne cesse d’augmenter et approche les 45%. Construire un nouveau parking aujourd’hui est totalement anachronique», a expliqué le socialiste Ulrich Jotterand lors du dépôt de signatures.

Pour sa part, la conseillère municipale du PdT, Ariane Arlotti, a rappelé que «le projet contrevenait à la loi cantonale pour une mobilité cohérente et équilibrée (LMCE)». «De plus, la Confédération soutient les transports publics, pour autant que l’on ne fasse plus la promotion des transports individuels dans les hyper-centres», a-t-elle encore précisé. Enfonçant le clou, les différents représentants des référendaires ont dénoncé ce bétonnage inutile.

«Il est important de construire des places de stationnement là où elles font sens, donc des P+R à la périphérie et non des parkings au centre-ville», a expliqué Alfonso Gomez de Pro-Vélo Genève et candidat écologiste à l’exécutif de la Ville en mars. «La construction d’un nouveau parking souterrain est contradictoire avec l’urgence climatique votée par le Conseil municipal comme priorité en mai dernier», ont ajouté les référendaires.

«Ce succès est un signal politique important en faveur d’une mobilité plus efficiente, libérant davantage d’espace pour les piéton.ne.s, les cyclistes, les habitant.e.s et les commerçant.e.s», ont-ils conclu. Aux Genevois de transformer l’essai dans les urnes.