Les MNA ne désarment pas

Genève • Occupant le Grütli depuis une semaine, le Collectif de soutien aux Mineurs non accompagnés reste sur sa faim face aux annonces des autorités.

Occupation d’une aile du Grütli par le Collectif des luttes MNA. (JDr)

Depuis une semaine, le collectif des luttes MNA (mineurs non accompagnés) et leur vingtaine de protégés – dont certains dormaient jusqu’à présent en extérieur occupent une partie du centre culturel du Grütli.

Les objectifs de ces jeunes issus essentiellement du Maghreb: obtenir un accès à la scolarisation, couplé à un suivi socio-éducatif pour pouvoir s’inventer des perspectives ou un vrai hébergement. Point positif durant ces 7 jours: le conseil administratif de la Ville de Genève a annoncé la mise en place d’une carte de résident.e municipale, la prolongation des financements pour les sleep-ins (ouvert à tous les sans-logis) du dispositif de nuit, menacés de fermeture par manque de financement.

La Ville a aussi précisé qu’elle intercéderait pour accélérer la demande d’un rendez-vous urgent avec la Délégation à la migration du Conseil d’Etat (composée de trois départements, dont celui de l’instruction publique).

Une manifestation de soutien, qui a réuni près de 200 personnes, s’est aussi tenue sur la Place Neuve mardi 21 janvier. Le collectif des luttes déplore pourtant l’attitude du gouvernement cantonal. «Dans notre prise de contact suivant l’occupation, nous avions demandé une rencontre avant le 20 janvier. Aucune nouvelle ni même un accusé de réception ne nous sont parvenus du Conseil d’Etat», a-t-il déploré dans un communiqué.
Réuni pour sa séance hebdomadaire, le gouvernement cantonal a finalement précisé ce 21 janvier son programme, expliquant les actions menées et celles à venir.

Depuis le 1er novembre, un nouveau Foyer Seymnaz à la route de Malagnou de 20 places a été ouvert «pour les jeunes les plus vulnérables sur le plan de la santé, de l’isolement et de la juvénilité». Un nombre de places jugé largement insuffisant par le collectif.

Dès ce mois de janvier, le gouvernement prévoit de trouver des nouvelles pistes de logement dans le dispositif de premier accueil (hébergement d’urgence) ou auprès de propriétaires immobiliers (notamment l’Hospice général). Un projet pilote d’accueil jusqu’à 12 places au sein du programme Inserres (normalement conçu pour des jeunes en rupture majeure et axé sur le travail agricole) à la Ferme de la Croix-Rouge genevoise sera étrenné.

En ce qui concerne leur scolarisation, un dispositif spécifique au sein de l’Accueil du secondaire II serait prévu mais seulement pour les MNA, «qui démontrent la motivation et la stabilité nécessaire au respect du cadre scolaire».

«Rien n’est vraiment nouveau et nous manquons de détails. Ce qui est sûr c’est qu’au Service de protection des mineurs (SPMi), qui est le tuteur légal de jeunes, on nous annonce systématiquement qu’il n’y a pas de budget ou de places d’accueil», déplore un membre du collectif.