Pour la diversité et le progrès social

Genève • A Vernier, le PdT présente une liste de 6 candidat.e.s emmenée par la travailleuse sociale bénévole, Massan Missoh. Rencontre. A Lausanne comme dans la plupart des villes de Suisse.

Massan Missoh, tête de liste du Parti du Travail à Vernier. (Ariane Arlotti)

«Nous nous engageons pour une commune plus active contre la précarité, à l’écoute des classes populaires et de la diversité», énonce Massan Missoh, tête de liste du Parti du Travail à Vernier sur une liste résolument féministe de 6 candidat.e.s. Depuis 2011, la formation n’a plus de représentants au Conseil municipal de la deuxième ville du canton, alors qu’elle a pu compter su la présence d’une conseillère administrative entre 1999 et 2007 avec Nelly Buntschu. Le parti veut vaincre le signe indien. Aujourd’hui, le conseil municipal de Vernier compte 14 élus de gauche (12 PS, 2 Verts), 6 de la droite (3 PLR, 3 PDC), 7 membres du MCG et 8 indépendants regroupés depuis 2019 sous la bannière d’Alternative Vernier avec des déçus du PS, du PLR et du MCG.

Entre deux déclarations d’impôt au service social du parti, où elle travaille bénévolement, la suisso-togolaise revient sur le programme qu’elle veut mettre en avant dans la commune. «Notre ville est particulièrement touchée par la précarité. Nous proposons de développer des prestations plus généreuses et plus systématiques comme l’introduction d’aides sociales pour les personnes au bénéfice des prestions complémentaires, comme cela se fait en Ville de Genève. Nous voulons aussi pousser à la création d’emplois publics et socialement utiles dans la commune», énonce celle qui vit aux Libellules, un quartier de 1’200 habitants, où se «concentre une importante population à faible revenu ou précarisée», comme le relève le Centre d’Information Architecture et Construction, architectes.ch.

Elle souhaiterait aussi que soient développés des lieux culturels alternatifs et autogérés. «Notre ville compte de nombreuses associations issues de la diversité. Permettre leur regroupement et leur visibilité face à la population serait un plus. Je rêve de créer un souk, qui offre tout à la fois des espaces de restauration, de rencontres et de participation de tous les habitants», précise-t-elle. Elle voudrait aussi étendre les contrats de quartiers. Lancés en 2005 par l’actuel Conseiller d’Etat socialiste, Thierry Apothéloz, ceux-ci permettent la mise en place de projets participatifs pour l’amélioration de la qualité de vie locale. Ceux-ci ont permis la création d’un potager urbain collectif à Gordon-Bennett et privatifs aux Libellules ou une permanence «Informatique pour tous».

«Nous visons aussi à instaurer une Journée verte, qui inclurait aussi bien le nettoyage collectif de la commune que la plantation d’arbres et de plantes aromatiques. Ces mesures doivent s’accompagner d’une végétalisation des toitures et des murs des logements. A terme, nous souhaiterions aussi le départ des encombrantes citernes de pétrole de la commune», assure la fondatrice de l’Association des femmes africaines et afro-descendantes (ASFAG). «Il faut aussi mettre le paquet sur la mobilité douce, en développant le tram, en installant des parkings-relais extérieurs à son abord et tendre à la gratuité des transports publics», détaille-t-elle.

En cette veille du 8 mars, elle rappelle qu’il est important de développer une solidarité intergénérationnelle parmi les femmes, «entre les filles, les femmes et les grands-mères que nous sommes toutes», mais aussi en faveur de l’égalité salariale, de l’accès à l’emploi pour les femmes de plus de 50 ans ou du renforcement de la lutte contre les violences domestiques.

A l’exécutif de la Ville, la gauche détient la majorité avec deux sièges au Conseil administratif sur trois. Pour ces élections, le socialiste et actuel maire de la commune, Martin Staub, se représente avec comme colistier le député écologiste Mathias Buschbeck, qui aura la lourde tâche de remplacer le populaire Yves Rochat. Quant au PLR, il lance dans la course Gian-Reto Agramunt pour remplacer Pierre Ronget. Les trois partis ont fait depuis quelques années une «alliance républicaine» contre le MCG. Huit autres candidats – dont deux d’Alternative Vernier et deux du MCG – se présentent à l’exécutif.