Le personnel de santé ne doit pas être sacrifié

Suisse • Il ne suffit pas de les applaudir! En première ligne de défense face à la pandémie, le personnel hospitalier doit notamment bénéficier de temps de récupération, affirme Beatriz Rosende, secrétaire centrale du SSP, en charge de la santé.

Que va impliquer la situation d’urgence pour les hospitaliers qui luttent pour nos vies?

Beatriz Rosende Sans conteste une surcharge de travail. La Loi sur le travail, qui était en vigueur jusqu’au 20 mars, jour de l’annonce des mesures du Conseil fédéral, impliquait déjà que le personnel hospitalier pouvait travailler jusqu’à 50 heures par semaine, contre 45 heures dans la plupart des autres secteurs. En situation d’urgence, cette durée de travail pouvait être augmentée de 2 heures par jour et instituer des semaines de 60 heures.

Dans son Ordonnance sur le Covid-19 (article 10, alinéa 5), le Conseil fédéral a institué une mesure, non discutée et non négociée avec les partenaires sociaux. Elle stipule que les dispositions de la Loi sur le Travail relatives au temps de travail et de repos sont suspendues aussi longtemps que la situation exceptionnelle l’exige. Ce qui implique que la limite des 50 heures n’existe plus et que les employeurs peuvent utiliser le personnel sans borne. Dans le secteur hautement technologique des soins intensifs, il est indispensable de fixer des dispositions pour permettre une
bonne récupération du personnel soignant. L’Ordonnance se contente d’une formulation générale, stipulant que «les employeurs demeurent responsables de la protection de la santé de leurs travailleurs et doivent en particulier veiller à ce que ceux-ci bénéficient de suffisamment de temps de repos».

Une formule totalement inadéquate et inquiétante: sans les limites de la Loi sur le travail, on ne voit pas comment le personnel pourra exiger des temps de repos suffisants! Pour nous, il est important qu’existe une réelle surveillance des heures supplémentaires, de la durée hebdomadaire du travail, des interdictions de congés, des arrêts maladie, etc. Ceci en collaboration avec les spécialistes de la protection de la santé dans les cantons et de la médecine du travail.

Quelles sont vos autres revendications?

Evidemment, et nous travaillons encore sur le sujet, il importe que le personnel soignant puisse bénéficier de mesures de protection adéquates comme des masques de protection en suffisance, des informations régulières sur les processus de protection, etc. Le plus important reste toutefois que le Conseil fédéral interdise toutes les activités économiques non nécessaires, de manière à réduire les risques de propagation du virus et donc la surcharge de travail du personnel hospitalier.