Solidarité par-delà les frontières

Humanitaire • Des étudiant.e.s de plusieurs Hautes écoles se mobilisent et appellent à une levée de fonds pour porter secours à des peuples de Colombie.

«Help the GUARDIANS of Forest-Crowdfunding» se propose d’aider les populations de Leticia, capitale du département des Amazonas. (DR)

Si en Suisse la première vague de Covid-19 semble arriver à son terme, la situation mondiale reste inquiétante avec près de 7 millions de cas et 400’000 décès, selon le Directeur général de l’Organisation Mondiale de la Santé, qui exhorte les États à des actions pour s’assurer que le virus ne rebondisse pas.
En Colombie (50 millions d’habitant.e.s), où le nombre de nouveaux cas quotidiens continue d’augmenter, on déplore à ce jour, près de 1400 morts et plus de 40’000 cas confirmés. Certaines régions sont particulièrement touchées par le virus et ses conséquences. Ainsi Leticia, capitale du département des Amazonas aux frontières du Brésil et du Pérou, au cœur de la plus grande forêt du monde. Malgré son isolement, la maladie a commencé à s’y propager laissant les populations locales dans le dénuement.

Face à cette situation Bertil, Laure et Sara, avec leurs ami.e.s, ont décidé de se mobiliser. Ainsi par la réalisation d’un projet de financement collectif, «Help the GUARDIANS of Forest» (Aider les gardiens de la forêt). Ce groupe d’étudiants en master au sein de plusieurs universités suisses a eu l’occasion de participer à un projet de coopération entre leurs universités, l’EPFL et l’Université nationale Colombienne en Amazonie. Les liens qui les unissent avec la jungle du pays ont transcendé l’académisme pour les unir grâce à des projets sociaux et de conservation des cadres de vie développés au sein des communautés indigènes de la région. Entretien.

Qu’est ce qui vous mobilise?

Nous sommes convaincus que les communautés indigènes sont les gardiennes de la jungle et d’une bonne partie de l’air pur qui peut être respiré aujourd’hui, nous considérons que notre humble rôle, en ces temps difficiles, est d’apporter notre soutien et de construire des réseaux de solidarité qui reconnaissent leur valeur et assurent leur survie.

Quelle est la situation sanitaire sur place?

Le système de santé est submergé. Les deux seuls hôpitaux du département amazonien se situe à Leticia. Ils ne comptent qu’une centaine de lits et il n’en existe qu’un seul en soins intensifs pour toute la région. Le système de santé a toutefois été le point d’action central sur lequel le gouvernement colombien a investi afin de réduire les effets de la pandémie. Beaucoup d’argent a été injecté. Mais même avec cette aide, le système de santé est loin de pouvoir répondre à lui seul au nombre élevé de cas sévère causés par le Covid-19.

Et au plan de la situation sociale?

L’activité économique de Leticia est essentiellement le tourisme, qui a été durement affecté par les restrictions dues à la pandémie. Comme dans la plupart des pays d’Amérique Latine, celui-ci a un impact énorme sur la vie quotidienne de la population. L’Amazonie est le seul État colombien à subir un confinement strict. Pouvez-vous imaginer un instant vivre à des centaines de kilomètres de forêt avec le seul accès principal aux moyens de subsistance fermé? Le prix des denrées alimentaires a explosé. Ainsi le sac de courses de première nécessité est passé de 21 à 48 dollars. Et cela ne se limite pas à Leticia. L’isolement de communautés vivant dans les zones rurales aurait pu les protéger de la contamination. Or, quotidiennement, plusieurs membres de la communauté doivent la quitter pour subvenir à leurs besoins, par des travaux informels. C’est ainsi que le virus se propage même dans les communautés les plus reculées.

En quoi consiste votre projet?

On souhaite aider par la distribution de biens essentiels et de kits de protection dans ces communautés. Ils contribuent à prévenir la famine et la diffusion du virus à l’intérieur de ces-dernières. Cette action représente une chance de réduire le contact de ces personnes avec la ville et donc de stopper la propagation du virus. Avec les dons, ces familles et communautés indigènes n’auront pas besoin de mettre en péril leur santé en s’exposant à des risques pour trouver des moyens de subsistance et d’éléments essentiels pour leur survie.
Concrètement, pour la valeur d’un dîner dans un restaurant, vous pouvez assurer l’alimentation et les besoins essentiels d’une famille amazonienne pour assurer sa survie pendant un mois. Un repas basique (combinant, riz, bananes, poissons) et d’autres éléments essentiels dont savon, linge et matériel hygiénique. Une famille de 4 personnes nécessite hebdomadairement environ 13 francs, soit une moyenne de 50 francs par mois. A cela s’ajoute les besoins en médicaments pour traiter des maladies préexistantes, kits de protection et transport à l’hôpital si nécessaire. Même le plus petit des montants économiques signifie sauver des vies et nous remercions du fond du cœur ceux et celles qui nous soutiendront.

Leur campagne débute le jeudi 11 juin sur la plateforme wemakeit.com. Pour participer on peut consulter leur page web «Help the GUARDIANS of Forest-Crowdfunding». Elle est à but non lucratif et ils.elles s’engagent à remettre aux donateur.trice.s, un rapport de transparence financière expliquant l’usage des dons réalisés pour ce projet.