La loi CO2 rembarrée

Suisse • Alors que l’UDC soutiendrait un référendum contre la révision de la loi CO2, la Grève du climat Vaud et Extinction Rebellion dénoncent une loi «insuffisante, inefficace et punitive pour les personnes précaires».

Le 10 juin, le Conseil national a accepté la révision de la loi CO2, qui se veut un programme pour la réduction des gaz à effets de serre en Suisse. Parmi les mesures envisagées, on trouve une taxe sur les billets d’avion, une taxe de 10-12 centimes sur l’essence, en cas d’importation excessive de voitures émettant plus de 95 grammes de CO2 par km, une majoration de la taxe sur le mazout. Actuellement plafonnée à 120 francs par tonne de CO2, elle sera relevée jusqu’à 210 francs.

Ce plan ne satisfait pas la Grève du climat Vaud qui rappelle que «la place financière suisse, 22 fois plus polluante que la population, reste impunie». «Le chauffage des bâtiments est sous le coup des projecteurs, mais ce sont les gérances qui se frottent les mains, puisque rien n’est prévu pour protéger les locataires d’une hausse de loyer. Les grandes entreprises et multinationales également s’en sortent avec les honneurs: aucune mesure contraignante spécifique n’est stipulée pour faire contribuer à l’effort climatique les institutions activement actrices de la destruction des écosystèmes. Que les marchés financiers dérégulés se rassurent, les émissions grises ne sont pas non plus ciblées. Les délocalisations pourront donc se poursuivre, puisqu’aucune mesure spéciale quant à l’importation n’est pré- vue, au grand dam des producteur.ice.s suisses», relève le groupe militant.

«L’objectif annoncé est une réduction de 37.5% des émissions en Suisse et 12.5% à l’étranger. C’est en soi déjà insuffisant pour rester sous les +2ºC et respecter les Accords de Paris. De plus, rien ne laisse imaginer que les
mesures prises y parviennent», pourfend encore la Grève du climat Vaud.

Dénonçant le manque d’ambition de la révision, elle en appelle à des changements sociétaux profonds et à d’importantes transformations de nos modes de production, consommation et répartition des richesses. Refusant le choix binaire entre défendre la loi ou suivre le référendum des lobbies (Économiesuisse, l’Association des transporteurs routiers…) et de l’UDC climato-négationniste, l’association a décidé de lancer dès l’été une campagne en défaveur de l’actuelle révision de la loi sur le CO2.

Actions et assemblées citoyennes

«Cette nouvelle loi n’est absolument pas à la hauteur des enjeux de ce que la science nous dit. Une fois encore on cherche à faire de l’individu le grand responsable du problème écologique en le taxant. Alors que les ménages et les entreprises de Suisse émettent chaque année près de 50 millions de tonnes de CO2, la place financière est responsable de l’émission annuelle d’environ 1100 millions de tonnes de CO2 à travers ses investissements dans les énergies fossiles. Des banques, aucune trace dans cette loi», corrobore sur Facebook le groupe Extinction Rebellion Lausanne.

A travers des actions, comme celle organisée le 20 juin à Zurich avec le blocage du Quaibrücke et les assemblées citoyennes, le collectif continuera à exiger une action politique immédiate pour enrayer la crise du climat et de la biodiversité.