Pedro Sanchez veut en finir avec la prostitution en Espagne

Espagne • Pour mener à bien son projet abolitionniste, le socialiste espère qu’un accord «entre les partis» sera conclu au Congrès «afin de mettre fin à ce fléau, dont souffrent malheureusement un grand nombre de femmes, impliquées dans la traite des êtres humains».

«La position du PSOE est claire sur le sujet. Nous voulons abolir la prostitution». C’est ainsi que le président du gouverne-ment depuis 2018, Pedro Sánchez, s’est exprimé en ce début de semaine à la télévision espagnole sur un sujet qui a de nouveau fait débat dans l’opinion publique depuis que la ministre de l’Egalité, Irene Montero, a envoyé à la mi-août une lettre aux communautés autonomes pour leur demander de fermer les maisons closes et les boîtes de nuit afin d’arrêter la propagation du coronavirus.

Pour mener à bien son projet abolitionniste, le socialiste espère qu’un accord «entre les partis» sera conclu au Congrès «afin de mettre fin à ce fléau, dont souffrent malheureusement un grand nombre de femmes, impliquées dans la traite des êtres humains».

Selon le site Mujeres a seguir, l’Espagne est le pays européen qui connaît la plus forte demande de sexe rémunéré et le troisième au monde. «Peu le reconnaissent, mais selon les Nations unies, 39% des hommes espagnols ont déjà payé pour des relations sexuelles. L’Espagne n’est pas seulement un leader dans la consommation de la prostitution, c’est aussi l’une des principales destinations de la traite des femmes dans le monde», relève encore le site.

«En Espagne, la prostitution n’est pas réglementée. Elle est autorisée, bien que notre Code pénal punisse la traite et le proxénétisme de peines de prison allant de deux à cinq ans. Dans la pratique, il est cependant difficile de mettre un proxénète en prison, entre autres parce que la collaboration de la victime est souvent essentielle et difficile à obtenir», précise encore le site. «Il ne faut pas seulement freiner le virus du Covid-19, mais aussi celui du machisme», a aussi récemment souligné dans une interview à la Radio nationale le ministre de la consommation Alberto Garzon (Gauche Unie).«La meilleure formule est l’abolition de la prostitution, mais avec des alternatives pour les femmes exploitées», a-t-il insisté.