Le fascisme condamné en Grèce

Grèce • Tous les dirigeants du parti néofasciste grec Aube Dorée ont été condamnés, le 7 octobre dernier, par la justice grecque. (Par Paris Kyritsis)

Un verdict très attendu en Grèce est tombé mercredi 7 octobre dernier. Dix-huit dirigeants du mouvement ont été condamnés pour participation à une organisation criminelle. Ils encourent des peines allant de cinq à quinze ans d’emprisonnement. L’annonce du verdict a mis en liesse une foule de plusieurs dizaines de milliers de personnes amassées devant le bâtiment de la Cour d’appel d’Athènes. Ce parti né en 1980, longtemps insignifiant, a profité de la détresse économique du pays provoquée par la crise financière de 2008 et les politiques d’austérité imposées par l’Union Européenne pour se renforcer dans les quartiers populaires en affichant un visage social auprès des nationaux grecs. Dirigé par des cadres ouvertement fascistes, il est entré au parlement grec en 2012 et a réalisé 9,4% aux élections européennes de 2014, son meilleur score.

Le parti a d’abord été peu inquiété par la justice grecque malgré les exactions fréquentes commises par ses membres contre les immigrés et les militants de gauche, ainsi que la découverte de nombreux symboles ou documents nazis en possession de ses dirigeants. C’est l’assassinat du rappeur antifasciste Pavlos Fyssas par l’un des membres du parti en 2013, qui a également été condamné pour meurtre ce mercredi, qui a déclenché ce long procès qui a abouti après sept ans de longs combats judiciaires. Ce verdict définitif est également important à l’échelle européenne,
donnant un signal face à la recrudescence du fascisme qui avance désormais à visage découvert dans de nombreux pays du continent. Il nous apprend ce qu’il en coûte lorsque toute montée de nationalisme n’est pas traitée immédiatement. Espérons que d’autres antifascistes européens n’auront pas à donner leur vie pour empêcher que cet autre virus qu’est le nationalisme ne se développe en épidémie.