Santé: première ou deuxième classe?

Suisse • A bord du train de la vie, la santé n’a pas de prix. Parmi les voyageurs, les inégalités se creusent d’après certains critères.

Selon L’Enquête suisse sur la santé (2017) de l’Office fédéral de la statistique (OFS) publiée le 30 octobre 2018, «les inégalités en santé persistent en Suisse, malgré un système de soins dont la qualité est reconnue et auquel l’assurance maladie obligatoire garantit, en principe, un accès universel». Ainsi, si en Suisse, 8 personnes sur 10 ayant une formation secondaire se déclarent être en très bonne santé, et même 9 sur 10 chez les diplômés du tertiaire, seul deux tiers (66%) des personnes sans formation post-obligatoire peuvent en dire autant.

Cette différence se retrouve en matière d’hypertension dont les complications peuvent être graves et même mortelles (AVC, infarctus, insuffisance cardiaque). «Les personnes ayant achevé uniquement la scolarité obligatoire souffrent plus souvent d’hypertension que les personnes avec une formation de degré secondaire ou tertiaire (31% contre respectivement 22 et 14%)», nous apprend l’OFS. On la retrouve également en matière d’asthme (6% contre respectivement 4,8 et 4,5%), de problèmes de coeur au cours des quatre dernières semaines (3,5% contre respectivement 2 et 1%), ou encore de maux de dos et des reins (14,9% contre respectivement 9 et 5%).
Dans le cas de l’arthrose et de l’arthrite, à l’inégalité de classe, ou de position sociale, s’en ajoute une de genre. En effet, si 15,6% des hommes non diplômés du post-obligatoire en ont souffert au cours de la dernière année, contre 13% (secondaire) et 9,6% (tertiaire), ce pourcentage monte à 33,5% chez les femmes, contre 22,2% (secondaire) et 12% (tertiaire).

Enfin, l’OFS rappelle que l’espérance de vie est très différente selon le niveau de formation. «Au début des années 2010, les personnes de 65 ans avec un niveau de formation tertiaire avaient en moyenne encore 21,0 ans d’espérance de vie devant eux. Cette moyenne n’était que de 19,7 ans pour celles qui ont une formation du secondaire et de 18,9 ans pour celles qui n’ont pas de formation post-obligatoire.»
Non seulement on ne voyage pas dans les mêmes conditions, mais de plus les personnes en première classe peuvent aller plus loin.