La vaccination a du bon

Suisse • Ancienne députée et conseillère nationale du POP, présidente de l’AVIVO suisse, Christiane Jaquet-Berger soutient la vaccination contre la Covid-19.

Elle a été cette semaine la première vaudoise non-résidente en EMS à recevoir le vaccin Pfizer/BioNTech contre la Covid-19 au CHUV de Lausanne. Christiane Jaquet-Berger pointe une politique hospitalière aux effets délétères et la faiblesse de la rente minimale AVS conduisant à une pauvreté accrue. Interview.

Pourquoi vous être fait vacciner aussi rapidement?
Christiane Jaquet  Même si je comprends l’appréhension et les interrogations que peut susciter une nouvelle thérapie, je fais confiance à ce vaccin. Des recherches sur l’ARN messager sont menées depuis 10 ans et le vaccin proposé affiche des résultats spectaculaires de 95% de taux d’efficacité après une deuxième dose. Je ne vois pas d’autres moyens de protéger la population actuellement, étant donné qu’il n’existe pas de médicaments et qu’on ne peut sempiternellement confiner la population et les aîné.e.s.

Avec l’apparition de la variante anglaise du virus, réputée plus contagieuse, cette nécessité est encore plus évidente si on veut réduire le nombre de malades, de morts et surtout l’engorgement des hôpitaux. Il ne faut finalement pas avoir peur du vaccin, mais de la maladie. Il y a bien entendu des précautions à prendre et un suivi médical comme dans le cas rare où une personne fait une réaction allergique.

L’AVIVO suisse n’a pas encore arrêté définitivement sa position. Le fera-t-elle?

Au mois de février, l’AVIVO aura un comité suisse qui prendra une décision officielle, sans doute favorable. A l’occasion de la pandémie, notre section lausannoise a mis en place une chaîne téléphonique entre ses membres. Ce qui ressortait, c’était le manque d’espoir et de perspectives dont souffrent les gens. Le vaccin offre une solution favorable à l’ensemble de la population.

Comment jugez-vous l’action de la Confédération avant et durant la pandémie?

Nous sommes fortement critiques. Deux ans avant la Covid-19, un rapport d’experts et de spécialistes avait répertorié d’indispensables mesures en cas d’épidémie, cautionnées par la Confédération. Cela est resté la plupart du temps lettre morte à tous les niveaux, comme on l’a vu d’emblée avec le manque de matériel, les masques par exemple. Mais notre critique essentielle porte sur les graves conséquences d’une politique voulue combinant fermetures d’hôpitaux et de services, mises en concurrence des établissements sanitaires, manque de personnel, recherches de profits, mesures d’économies et mise en concurrence qui nous ont laissé Gros-Jean comme devant quand la Covid-19 est apparue.

Dans les EMS, il y a eu des isolements et des droits bafoués inacceptables. Ce n’est pas une critique du personnel, mais du manque général de contrôle et de prévention, l’absence de respect des impératives recommandations fédérales datant de 2018! Faute de moyens, on a cloîtré des résidents, parfois dans de petites chambres à deux lits sans balcon et surtout sans visites de leur famille, même au moment de mourir. Nous ne voulons pas revivre de telles situations et les EMS non plus.

Outre la pandémie, une prochaine révision de l’AVS concernera les ainé.e.s. Vos exigences?

Au niveau d’un pur calcul financier, l’AVS n’est pas en situation délicate. En revanche, les rentes sont bien trop basses. L’assiette des cotisations doit être revue et la solidarité renforcée. Cette année, la rente minimale de 1175 francs sera majorée de 10 francs par mois… Comment voulez-vous que les ainé.e.s puissent vivre et couvrir leurs besoins vitaux avec un tel montant ou même s’offrir le plaisir d’un café à l’extérieur. Aujourd’hui en Suisse, ce pays si riche, plus de 350’000 retraités et pensionnés AI sont obligés de recourir aux Prestations complémentaires (PC) pour couvrir leurs minimales dépenses de base.

La révision des PC (prestations complémentaires), que nous réclamions depuis des années, entre en vigueur cette année, Mais elle a été tellement triturée par les Chambres fédérales qu’on est parvenu à économiser 401 millions, tout en apportant d’indispensables améliorations. Un retraité sur huit en Suisse est pauvre, non pas au seuil de la pauvreté mais réellement pauvre. La défense des retraités et de l’AVS est plus que jamais nécessaire.