Tirer les leçons de Fukushima

Nucléaire • •Alors que nous découvrons l’ampleur et les affres d’une crise sanitaire majeure sur notre santé, économie et système politique, «Sortir du nucléaire» envisage d’autres possibles. Sans l’atome.

S’appuyant sur la terrible expérience vécue par la province de Fukushima (Japon) suite à un accident nucléaire, Sortir du nucléaire nous invite à une réflexion citoyenne pour se préparer au pire. La catastrophe connait ses dix ans le 5 mars de cette année. Dans l’après-midi du 11 mars 2011, une terrible succession d’événements se produit. Elle prend naissance par un tremblement de terre entraînant un tsunami. Qui mènera à un défaut de refroidissement des réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi située sur la côte est de l’Archipel. Au final, c’est la fusion totale d’au moins deux réacteurs. D’où d’importants rejets radioactifs répandus depuis dans l’environnement.

Sensibiliser la population

A l’occasion de ce triste anniversaire, et dans le cadre de sa campagne «prévention du nucléaire», la section romande de Sortir du nucléaire, a réalisé un entretien vidéo avec le Directeur du CRIIRAD1 et physicien nucléaire, le Pr. Bruno Chareyron. Ce dernier revient sur son expérience auprès de la population victime de l’accident. Il en tire un certain nombre de leçons, qui sont autant d’avertissements à destination de la Suisse.

Le scientifique alerte sur l’incapacité ou le manque de volonté dont peut faire preuve un Etat à informer sa population sur la réalité et l’importance des contaminations ou habitabilité des zones touchées notamment. Et à la protéger des risques encourus en cas de catastrophe. Pour contrer ces périls, l’homme invite à sensibiliser la population et à perfectionner les dispositifs réglementaires. En cas d’accident quel est le seuil de radioactivité qui rend une zone inaccessible? Comment est-il décidé et par qui? Est-il suffisant? En l’absence de notions dans les domaines, le contrôle démocratique sur les réponses à ces questions devient compliqué.

Pastilles d’iode

Sur un autre aspect, Bruno Chareyron rappelle la nécessité d’une prise préventive avant une catastrophe de pastilles d’iode. Ces dernières visent à empêcher l’iode radioactif de se fixer dans la tyroïde pour réduire le risque de cancer. Il nous amène à nous interroger. A-t-on des stocks? Sont-ils suffisants? Dispose-t-on d’une logistique qui les rend rapidement accessibles? Le scientifique estime qu’habitant un petit pays, chaque Suisse.sse devrait en avoir en stock. Autant de questions qui ne sont pas sans rappeler celle des stocks de masques ayant fait défaut au début de la crise actuelle. Il a d’abord été indiqué par les autorités qu’ils étaient nécessaires uniquement pour les malades. Ceci avant qu’ils ne deviennent indispensables dans les transports et les magasins.

A travers cet entretien, le Pr. Chareyron souligne combien les enjeux d’une crise majeure appellent une anticipation politique, mais aussi citoyenne. Pour la nourrir, l’interview complète est disponible sur la page Facebook de Sortir du nucléaire-Suisse romande et de nombreuses autres informations sont consultables sur les sites sortirdunucleaire.ch et criirad.org.

1 La Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité fut créée en 1986 suite à l’accident de Tchernobyl.