La Suisse officielle fait un petit pas en avant pour Cuba

Diplomatie • Le Conseil national exige une Suisse plus combative contre le blocus de Cuba. (Par Michel Fleury)

Enfin! Contre l’avis du Conseil fédéral, de son ministre des affaires étrangères Ignazio Cassis et des élus du PDC, de l’UDC et des Vert’libéraux, le Conseil national a accepté mardi 9 mars par 98 voix contre 89 un postulat demandant que la Suisse s’engage fermement à mettre un terme au blocus économique des Etats-Unis contre Cuba. Huit associations emmenées par Suisse-Cuba et mediCuba-Suisse, avaient déposé le 10 décembre 2019 une pétition adressée dans ce sens au Conseil fédéral. La Commission de politique étrangère du Conseil national a accepté cette pétition et a transmis le postulat au parlement national pour acceptation ce 9 mars.

La pauvreté s’est aggravée sur l’île en raison de ce blocus imposé unilatéralement. Depuis bientôt 60 ans, les conséquences de cette loi extraterritoriale créent pauvreté et empêchent le développement économique du pays. Malgré cela, Cuba, Etat du Tiers Monde, continue d’apporter son aide à une cinquantaine de pays du monde dans la lutte contre la Covid-19. En effet, l’île ne partage pas son surplus, elle partage ce qu’elle a, même minée par les injustices étasuniennes.

Grâce à l’acceptation de ce postulat, notre pays est appelé à faire pression sur l’administration américaine. Pour rappel, à 29 reprises, l’ONU a accepté des résolutions demandant aux Etats- Unis de lever leur embargo sur Cuba. Des scores éloquents: plus de 185 pays (dont la Suisse) sont favorables contre quelques-uns seulement qui se plient au diktat de Washington! Mais il ne conviendra pas simplement de peser sur le bouton «OUI» lors du vote, il s’agira aussi de défendre ardemment la position voulue par le Parlement lors des autres relations Etats-Unis – Suisse.

Les échanges commerciaux entre La Havane et notre pays doivent pouvoir reprendre. Il en va bien sûr de même pour les transactions financières. A titre d’exemple, PostFinances et les banques suisses ont l’interdiction par les Etats-Unis de transférer des fonds de Suisse vers Cuba. Pire, certaines banques suisses qui ont pignon sur rue aux Etats-Unis ont reçu l’ordre d’interdire les transactions en Suisse même. A ce propos, la Banque Cler, le Crédit Suisse et les banques cantonales refusent des paiements de cotisations d’un membre ou d’un donateur habitant la Suisse vers le compte des associations telles Suisse-Cuba ou medi-Cuba… Il suffit donc que les «robots» de ces établissements captent le mot «Cuba» et la transaction est généralement refusée.

Notre ministre des Affaires étrangère sera-t-il à la hauteur de la tâche pour contrer cette loi extra-territoriale étasunienne? Ça, c’est évidemment une autre question.