Répondre à l’urgence climatique en négligeant l’urgence sociale, cela produit des «gilets jaunes»

Suisse • Le vote du 13 juin ne ferme pas le débat, n’en est qu’un moment, mais un moment de confirmation (pour nous) ou de révélation (pour d’autres).(Par Pascal Holenweg, adapté par la rédaction, Paru sur www.causetoujours.blog.tdg.ch)

Le refus de la loi CO2 a fait une première victime: la présidente du PLR suisse, Petra Gössi, qui a démissionné de sa présidence. Elle incarnait un possible virage «vert» (très pâle, pourtant) des radelibes, mais elle a été lâchée par ses troupes, son électorat et même ses lieutenants, tel le funeste grimpion valaisan Philippe Nantermod, alors que la loi portait une marque PLR visible et que c’est d’abord ce parti qui devait mener campagne pour la faire passer. Au lieu de quoi la position du parti était minée par des notables, combattue par les Jeunes PLR, et que sitôt le refus populaire de la loi connu, certains (Nantermod, notamment) se sont empressés de proclamer la fin de la «vague verte» et d’accuser les Verts de ne pas l’avoir assez soutenue, alors que 85% de leurs électeurs l’ont fait, puis, comme la Conseillère nationale vaudoise Jacqueline de Quattro, ont repris le discours de l’UDC contre une loi punitive et taxatrice, en glissant au passage une proposition de déductions fiscales.

Bon, c’est pas grave, les Nantermod, c’est le problème du PLR suisse, pas le nôtre, qu’il se démerde avec, on a autre chose à faire. A commencer par faire comprendre que des mesures fortes, radicales au sens étymologique du terme (s’attaquant à la racine des problèmes) contre les causes humaines du réchauffement climatique sont inévitables, en sus d’être légitimes. Le vote du 13 juin ne ferme pas le débat, n’en est qu’un moment, mais un moment de confirmation (pour nous) ou de révélation (pour d’autres) qu’on ne relèvera pas l’urgence climatique sans relever en même temps l’urgence sociale. Cela vaut pour des mesures telles que celles proposées par la loi CO2 refusée par le peuple, et cela vaut pour toutes les mesures environnementales que nous aurons à proposer. Car à tenter de répondre à l’urgence climatique en oubliant l’urgence sociale,on ne produit en France que des «gilets jaunes» et en Suisse un «non» à la loi CO2.