Stratégie énergétique 2050: un petit pas dans le bon sens

Il faut le dire• Nous ne pourrons que glisser un oui cette semaine à la loi sur l’énergie. Nous devrons cependant rester attentifs à certaines choses...

Nous ne pourrons que glisser un oui cette semaine à la loi sur l’énergie. D’abord parce qu’elle scelle enfin la fin de l’énergie nucléaire, que nous n’avons eu de cesse de dénoncer pour ses dangers potentiels pour la santé. Le récent éboulement d’un tunnel dans le site de stockage de déchets nucléaires de Hanford, aux Etats-Unis, l’un des lieux le plus contaminé du monde, nous rappelle que la question de ces déchets n’est toujours pas résolue.

Cette loi donne aussi un signal fort de soutien aux énergies renouvelables et à la construction de petites installations décentralisées, en particulier photovoltaïques, un encouragement à l’amélioration de l’isolation des bâtiments et une norme plus stricte sur l’émission de l’ensemble des véhicules à moteur. Elle apporte un soutien aux grandes installations hydroélectriques existantes (qui fournissent actuellement environ le 40 % de notre énergie électrique), victimes de la libéralisation du marché de l’électricité et du prix anormalement bas de cette énergie liée notamment au subventionnement des centrales à charbon en Europe.

Nous devrons cependant rester attentifs à ce que les centrales nucléaires existantes soient débranchées le plus rapidement possible et que le coût de leur démantèlement ne soit pas assumé par les contribuables. Il faudra aussi veiller à faire cesser l’anomalie qui permet aux grands consommateurs que sont les industries d’acheter de l’électricité sur un marché soi-disant libre, alors que les consommateurs privés se voient imposer un distributeur qui fixe les prix, souvent trois fois plus chers. Une régulation du prix de l’énergie par les pouvoirs publics est nécessaire pour assurer l’indépendance énergétique. Il faudra aussi s’assurer que la diminution des «charges» des bâtiments rénovés soit bien répercutée sur les loyers et ne serve pas qu’à augmenter leur rendement pour les propriétaires.

Nous devons enfin continuer à combattre l’obsolescence programmée de nos appareils et le mythe de la croissance nécessaire au bien de l’humanité. Il faut aussi soutenir la construction de logements proches des lieux de travail et favoriser le «consommer local», pour diminuer les distances de transport des gens et des marchandises et favoriser un «mieux vivre».

Cette votation est un petit pas dans le bon sens, mais notre combat doit demeurer la lutte contre la notion même de «développement durable», donc pour une écologie sociale.

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