L’Hôtel judiciaire, un conflit «Haut-Bas»?

Neuchâtel• En septembre, les Neuchâtelois devront se prononcer sur la construction d’un nouvel Hôtel judiciaire à La Chaux-de-Fonds. Le spectre du conflit Haut-Bas plane, mais qu’en est-il vraiment?

Le 24 septembre 2017, les citoyennes et citoyens neuchâtelois se prononceront sur la construction d’un Hôtel judiciaire situé à La Chaux-de-Fonds. Le vote fait suite au lancement d’un référendum par des politiciens du Littoral. Ils trouvent le projet, devisé à 48,5 millions, trop coûteux. Ce sont les mêmes qui ont lancé un référendum contre le report de la nouvelle répartition de l’impôt des frontaliers (voir notre édition du 16 juin) et qui veulent un Hôpital cantonal en site unique à Neuchâtel, malgré le refus de la population. Il est difficile de croire que leur motivation est de sauvegarder les finances cantonales, car rien n’est trop cher pour Neuchâtel, pas plus l’Hôpital que le Microcity de l’EPFL. Autant les partisans que les adversaires de l’Hôtel judiciaire, admettent que la situation des locaux actuels est déficiente et mérite une rénovation. Le gouvernement a estimé que la meilleure solution économique passait par le regroupement de la justice en un seul lieu. Cela éviterait divers travaux nécessaires dans les locaux actuels. Le Grand conseil a également accepté le projet par 91 voix contre 18.

Un projet raisonnable?
Des questions subsistent néanmoins. Ceux qui s’opposaient à la centralisation de l’Hôpital neuchâtelois devraient-ils changer d’optique et soutenir la centralisation de la justice? Le projet ne dépasse-t-il pas le raisonnable dans une période où il n’est question que d’économies? Le ministre libéral de la justice, l’ancien juge cantonal Alain Ribaux, a affirmé dans la presse que si ce projet échouait, alors, le gouvernement devrait repenser son credo «un canton – un espace». Certains habitants du Bas estiment que l’on ne doit pas mettre un projet centralisé en «périphérie», comme si Neuchâtel n’était pas aussi périphérique que La Chaux-de-Fonds au plan cantonal! Les députés du POP ont quant à eux soutenu le projet. Pour Daniel Ziegler, président du parti, il ne s’agit cependant pas d’un conflit Haut – Bas, car cet Hôtel judiciaire n’amènera pas grand-chose aux Montagnes, ni fiscalement ni économiquement. «Je me fiche pas mal de son emplacement. La seule raison pour laquelle les députés popistes ont accepté le projet, c’est qu’il est vecteur d’économies pour l’Etat et qu’il offre de meilleures conditions de travail à la justice», affirme-t-il. Et de souligner que le coût annuel de cet investissement se révélera moindre que le statu quo avec ses huit sites pour la plupart en location et dans un état lamentable.

Mais au sein de la population, certaines hésitations se manifestent. Alors que la droite emmenée par le Conseil d’Etat ne parle que d’économies, que les fonctionnaires sont malmenés et que les plus pauvres voient leur situation se péjorer, une dépense de plusieurs millions passe mal. Il existe aussi une opposition systématiquement à tout projet de centralisation. Mais Daniel Ziegler reste serein «On peut bien sûr s’opposer à toute centralisation par principe, mais dans ce dossier-là, ce serait tout simplement stupide».

Répondre aux besoins de la population
Pour le POP, l’Etat doit répondre aux besoins fondamentaux de la population. Cela signifie déterminer la meilleure solution, indépendamment de toute considération financière. En ce qui concerne l’Hôtel judiciaire, les bases décisionnelles restent de nature financière et cela est regrettable. Mais le projet a au moins pour avantage de corriger une répartition des investissements cantonaux défavorables aux Montagnes neuchâteloises. Même si le projet aurait pu être meilleur, il n’est pas à rejeter pour autant et il faudra trouver les mots pour le faire comprendre à la population.

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