Le FMI veut taxer les riches

Il faut le dire• Le dernier rapport du «Fiscal Monitor» du FMI propose de taxer les riches pour lutter contre les inégalités.

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Le FMI, c’est cette institution internationale qui, a partir des années 80, avait imposé à certains pays du sud en difficultés, notamment d’Amérique Latine, une série de mesures aux conséquences catastrophiques connues sous le nom de «consensus de Washington»: privatisation des entreprises publiques, élimination des barrières aux investissements étrangers, stricte discipline budgétaire, etc.

Aujourd’hui, l’institution internationale semble en plein doute quant à la pertinence de cette doxa néolibérale. Ainsi, le dernier rapport de son «Fiscal Monitor», paru récemment, se préoccupe de l’augmentation des inégalités, en particulier au sein des économies avancées.

Pour lutter contre, il suggère, contrairement à la politique dominante menée ces 30 dernières années, d’augmenter les impôts payés par les plus riches ainsi que leur progressivité, précisant qu’aucune preuve empirique ne montre qu’une telle manœuvre nuirait à la croissance économique. «Les revenus du capital sont souvent taxés à un taux plus bas que ceux du travail. Une taxation adéquate est nécessaire», peut-on encore lire.

Comme le relève le site d’information Mediapart, ce n’est pas la première fois que le FMI remet en question la théorie économique classique, qui voudrait notamment que toute réduction de la taxation des riches ait des répercussions favorables sur l’ensemble de la société. En 2013, le chef économiste de l’institution remettait ainsi en question son analyse de la crise grecque et met depuis régulièrement en garde contre les politiques d’austérité menées dans toute l’Europe. En juin 2016, trois économistes du FMI publiaient eux aussi une étude très critique des politiques néolibérales.

En Angleterre, le Labour de Jeremy Corbyn s’est empressé d’utiliser les conclusions du «Fiscal Monitor» pour appuyer ses demandes d’un système de taxation plus juste. En France, les opposants au projet d’Emmanuel Macron de réduire l’impôt de solidarité sur les grandes fortunes (ISF) ont fait de même. En Suisse, comment ne pas penser à la récente proposition des Jeunes socialistes d’imposer à 150% les revenus du capital au-dessus d’un certain seuil? Du côté de la gauche, personne n’est à convaincre. Mais les arguments d’une institution telle que le FMI sauront-ils commencer, enfin, à faire réfléchir la droite?

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