Bras de fer sur les soins dentaires

Il faut le dire• La droite vaudoise s'obstine contre toute forme d'aide à la prise en charge des soins dentaires.

En Suisse, malgré des primes de plus en plus astronomiques, les soins dentaires ne sont pas pris en charge par l’assurance maladie de base, avec une conséquence claire: selon l’OFS, près de 3% des plus de 16 ans ont renoncé en 2015 à consulter un dentiste faute de moyens. Ce taux monte à 9% pour les personnes au chômage. Par ailleurs, selon l’OCDE, 89% des frais dentaires en Suisse sont assumés par les ménages, contre une moyenne OCDE de 54,2%. Des frais qui, lorsqu’ils prennent soudainement l’ascenseur, peuvent venir couler des budgets familiaux à l’équilibre fragile.

La gauche a déjà tenté d’inclure les soins dentaires dans l’assurance maladie de base, se heurtant toujours à une fin de non-recevoir à droite. Aujourd’hui, la gauche radicale a repris ce cheval de bataille en Suisse romande, avec des initiatives demandant le remboursement des frais dentaires dans les cantons de Vaud, Neuchâtel, Valais et Genève.

Dans le canton de Vaud, l’initiative lancée par le POP et solidaritéS, qui demande une assurance obligatoire financée par un prélèvement paritaire sur les salaires, a donné lieu à un contre-projet du Conseil d’Etat. Plutôt qu’une assurance, ce dernier propose des mesures ciblées pour différentes catégories de la population considérées comme «à risque» (notre édition du 24 février).

Seulement voilà. Pour la droite, c’est encore trop. Depuis le début des travaux parlementaires, elle s’évertue à vider totalement ce contre-projet de sa substance. Celles et ceux qui ont suivi les débats ont ainsi pu la voir longuement tergiverser sur la façon de mieux exclure les personnes vulnérables, âgées ou en situation de handicap des mesures prévues, ou sur la définition d’une personne âgée: plus de 65 ans, comme proposé par le Conseil d’Etat? Ou plus de 75 ans? Voir 80 ans? Seuls les jeunes et les enfants, qui bénéficient déjà d’une meilleure prévention, échappent à ses foudres.

Pour la droite, un seul credo: la responsabilité individuelle. Toute autre solution «coûte trop cher». Une opposition purement idéologique, qui fait fi de toutes les réalités de terrain et même des efforts de la gauche modérée et du conseiller d’Etat Maillard, qui brandissent la menace d’un soutien à l’initiative pour tenter de la faire plier. Reste à espérer que son obstination finira par favoriser l’initiative dans les urnes, voire même par pousser le Conseil d’Etat à la soutenir.

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