La gauche dynamique ouvre la discussion

Mouvement• De nombreux militants et organisations de la gauche combative ont tenu une première réunion pour évoquer l’avenir des retraites suite à la votation du 24 septembre.

Il y avait salle pleine à Berne le samedi 4 novembre, en réponse à l’invitation du PdT/POP. Il s’agissait de membres de partis, d’associations, de syndicats et de militants, plus d’une trentaine de représentants soucieux d’ouvrir une discussion sur l’avenir des retraites et surtout sur le projet d’initiative popiste permettant de faire glisser progressivement le deuxième pilier dans le premier, tout en préservant les droits acquis (notre édition du 29 septembre).

Ils venaient discuter de l’après 24 septembre, ce qui est apparu d’emblée essentiel pour la gauche dynamique et combative, vu le flou voire les contradictions exprimées ici ou là sur la vitesse d’une action commune et ses priorités pour donner suite au succès du référendum contre PV 2020. On sait en effet que des séances se profilent au niveau syndical, politique et associatif durant les prochains mois. Une stratégie de rencontres que même Alain Berset, qui promet un projet pour la fin de l’année, a eu l’idée de tester avec une trentaine d’organisations et de partis triés sur le volet qui furent officiellement convoqués le 27 octobre à Berne, mais sans qu’une quelconque vision plus ou moins commune ne se profile.

Une initiative prête depuis plusieurs mois
Il en fut tout autrement à la Casa d’Italia le 4 novembre dernier à Berne. On savait que l’initiative du Parti du travail sur les retraites était prête depuis plusieurs mois, rédigée en termes généraux et dûment vérifiée par un juriste spécialiste du droit constitutionnel. Comme l’a rappelé le conseiller national Denis de La Reussille, elle est dans la droite ligne de l’initiative «pour des retraites populaires» lancée par le PdT POP en 1969 et qui a malencontreusement échoué sous les coups de boutoir de ceux, y compris à gauche, qui se sont enthousiasmés pour les «bienfaits» de la capitalisation que symbolise la LPP. C’est en effet à ce moment crucial que naquit et fut accepté par le peuple le système des trois piliers, concrétisé et appliqué totalement en 1985.

Aujourd’hui, les crises, les rendements boursiers plus aléatoires que jamais, les taux négatifs, la transformation du travail et de l’emploi ont rendu plus que fragile ce 2ème pilier et son avenir. Plutôt que de reconnaître un échec, on voit les politiciens de tous bords prétendre que c’est le premier pilier, l’AVS et son système solidaire, qui court les plus grands dangers. Ce n’est pas nouveau. Sous l’ère Couchepin, le Conseil fédéral prétendait qu’en 2010 le déficit de l’AVS atteindrait 4,9 milliards alors qu’en fait il s’est agi à cette date d’un excédent effectif des comptes de l’AVS de 643 millions!

Une discussion dense et positive

La discussion fut dense, utile et positive, en voici quelques extraits: «Un succès populaire ne peut se concevoir que s’il soulève l’enthousiasme! Il faut s’en donner les moyens.» «Les conditions ont changé depuis les années 1970, par exemple par la forte qualification des travailleurs, ce sont eux qu’il faudra convaincre! (SUD)». «Le respect des droits acquis est essentiel». «Il est important que l’initiative ne concerne que la partie obligatoire du 2ème pilier et ne touche pas au sur-obligatoire tellement individualisé». «L’important, c’est de mettre l’accent sur le système par répartition et de le développer. Nous ferons tous les efforts nécessaires pour une initiative commune» (solidaritéS ). «45 ans pour la concrétisation complète de l’initiative, c’est trop long.» «Pourquoi ne pas corriger l’injustice des rentes de couples?» «Une initiative en termes généraux est une stratégie périlleuse qui laisse tous les pouvoirs au Parlement de mettre ce qu’il veut dans la loi d’application.» (MPS) «Faudrait-il inscrire l’âge de la retraite ou alors la durée des années de travail?» «L’ouverture et la recherche d’alliés potentiels en faveur d’un projet global de contrat social sont prioritaires».(AVIVO)

En conclusion, cette rencontre a démontré l’importance de discussions communes, dont l’un des éléments sera la rencontre du 9 décembre à Olten avec ceux qui ont lancé le référendum. La lutte continue!

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