La gauche européenne réunie à Marseille

Mobilisation• 80 organisations de gauche écologistes et progressistes provenant d’une trentaine de pays se sont réunies à Marseille pour réfléchir et s’organiser dans le but de créer une Europe sociale, de paix et de démocratie.

Les deux jours de mobilisation ont démontré la nécessité et le désir de changement qui existent dans tous les pays d’Europe.

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Par Brigitte Berthouzoz

Les 10 et 11 novembre derniers, 80 organisations de gauche, écologistes et progressistes, provenant d’une trentaine de pays principalement européens mais aussi de l’Amérique latine, puisque le Foro de Sao Paulo était bien présent, se sont retrouvées à Marseille. A l’initiative de cette rencontre, le Parti de la gauche européenne (PGE) a dès le début invité les organisations et mouvements intéressés à se joindre à l’organisation et à la définition du contenu. Trois camarades du PST/POP ont participé aux débats.

Les discussions ne suffiront pas
L’objectif? Partir de ce qui rassemble ces organisations et mouvements pour créer des convergences d’action afin de desserrer l’étau néolibéral qui écrase l’Europe et combattre les nationalismes et la xénophobie qui se développent dans tous les pays européens. Cette volonté de mise en commun des forces ne doit pas éviter les débats sur les divergences générées par les situations et les histoires différentes de chaque pays. Discussions et débats ne suffiront pas, des campagnes et programmes d’action sont essentiels à cette reconstruction d’une force de gauche en Europe.

Les grands thèmes, une Europe de la paix et des libertés – travail et droits sociaux en Europe – vers un modèle de développement durable ont été discutés en plénière. En parallèle, des ateliers ont permis d’aborder des sujets tels que le Brexit, quelle alternative au libre-échange ou s’approprier l’Europe comme un bien commun. Les organisations de jeunesse se sont également retrouvées pour parler de leurs soucis. Tous ces thèmes sont évidemment intéressants pour la Suisse, même si elle ne fait pas partie de l’Union européenne.

Les participant-e-s se sont également rendu-e-s sur le Vieux Port pour un happening de solidarité avec les réfugié-e-s et migrant-e-s, au cours duquel nous avons pu entendre – parmi les intervenant-e-s – un représentant du syndicat des cheminots de la région nous expliquer les efforts fait pour empêcher qu’un service public ne soit utilisé pour renvoyer des personnes fragiles vers un sort des plus incertains, utilisation qui évoque une période des plus noires de l’histoire européenne. Une camarade grecque a parlé des actions d’intégration des enfants réfugiés dans les écoles et de l’engagement solidaire de bénévoles pour faciliter l’intégration des nouveaux arrivants.

Sortir du sectarisme
Le déroulement du Forum a été répercuté sur les réseaux sociaux. Les actes seront publiés et visibles sur le site du PGE et d’autres organisations participantes. Le forum de Marseille a pris son inspiration du Foro de Sao Paulo, lancé en 1990 dans la ville du même nom et regroupant la gauche latinoaméricaine, qui a réussi à sortir du sectarisme et se réunit régulièrement depuis. Ces deux jours ont démontré la nécessité et le désir de changement qui existent dans tous les pays d’Europe. Les quelque 400 participant-e-s qui ont fait le voyage de Marseille ont exprimé leur volonté de tenter l’expérience de la convergence. Cette expérience devrait également être renouvelée en Suisse, elle aussi prise dans l’étau néolibéral.

Ces deux jours se sont terminés par un appel à l’organisation d’un deuxième forum. Un groupe de travail composé des diverses forces a été formé pour proposer le format et le contenu du prochain forum.

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