Professionnel.le.s de la scène et plasticien.ne.s se rebiffent

Les réactions se multiplient face à l’impact dévastateur de la nouvelle loi fédérale COVID-19 sur la culture. A Genève, les professionnels des arts du spectacle et des arts plastiques exigent de l’aide des autorités cantonales.

Les membres du comité de TIGRE - faîtière genevoise de producteurs/trices de théâtre indépendant et professionnel travaillant ou étant domiciliés dans le canton de Genève - en réunion. Copyright: Aude Bourrier.

Dans un communiqué daté du 3 novembre, Gaspard Boesch, Céline Bolomey, Aude Bourrier, Olivia Csiky Trnka, Jean-Louis Johnannides, Paola Pagani, Jacqueline Ricciardi et Jérôme Richer annoncent la fondation de TIGRE, nouvelle faîtière genevoise des productrice.x.s de théâtre indépendant et professionnel. L’impact alarmant de la crise du COVID-19 sur la profession des arts de la scène, en particulier pour les compagnies indépendantes, est à l’origine de ce développement. L’association exige notamment la compensation des pertes de revenus pour les entrées dont la jauge a drastiquement été réduite, un rapide soutien financier pour les compagnies contraintes d’interrompre leurs représentations et répétitions pour assurer le paiement des salaires de leurs employé.e.s jusqu’à la fin de leurs contrats, le soutien aux productions indépendantes ayant été contraintes de signer des clauses de non paiement en cas d’annulation ainsi que l’accélération du traitement des demandes de soutien effectuées au printemps dernier.

Comme l’explique Jérôme Richer, les membres de cette nouvelle association sont dotés d’orientations esthétiques différentes. “Cependant, nous nous battons pour des questions de principe, de travail, pour nos métiers”. Comme la fédération Action intermittence qui s’active sur le plan fédéral pour faire respecter les droits de tous les salari.é.e.s intermittent.e.s travaillant dans le secteur de la culture, TIGRE réclame le rétablissement des réductions d’horaire de travail (RHT) non prévus par la nouvelle loi COVID. “Une partie des acteurs culturels risque de se retrouver à l’aide sociale. Or, aucun artiste professionnel ne veut être payé à ne rien faire. En outre, en discutant avec les comédien.e.s, nous avons constaté que les salaires n’ont pas bougé en 10 ans ou 15 ans. Pour certain.e.s, ils ont même diminué.  La crise actuelle doit nous permettre de contrer le discours utilitariste en vogue, d’envisager nos métiers autrement, de valoriser et faire reconnaître notre rôle social indispensable”, souligne Jérôme Richer.

“Je n’y ai pas droit!”

Du côté des plasticiens, l’humeur est aussi à la grogne et à la mobilisation. “Une pétition circule pour soutenir et demander au Conseil d’Etat genevois de venir en aide aux artistes visuels et plasticiens genevois qui n’ont droit à aucune aide spécifique et qui sont à présent dans une grande précarité”, explique Stéphanie Prizreni, présidente de la Fédération des artistes Kugler.

Pour les pétitionnaires, la fermeture des lieux culturels entraîne une diminution drastique des opportunités d’exposer et d’obtenir des financements alloués à la production d’expositions. Iels réclament donc, entre autre chose, une campagne intensive d’achat d’œuvres d’artistes actifs à Genève par le Fonds Cantonal d’Art Contemporain (FCAC), une allocation d’urgence sans contrepartie aux artistes en grande précarité, une aide au maintien de la production artistique par une participation au loyer des ateliers ainsi qu’un soutien à la production et à la recherche sans contrepartie.

 

Pour plus d’informations: Association TIGRE: https://www.tigreasso.ch/

Pétition des plasticien.ne.s genevois: https://www.change.org/p/les-conseill%C3%A8res-et-les-conseillers-d-%C3%A9tat-du-canton-de-gen%C3%A8ve-je-n-y-ai-pas-droit?signed=true