Ensemble contre toutes les formes de discrimination!

Egalité • Comme l’a mis en évidence notamment Opération Libero dans sa communication en date du 9 septembre, les opposants au mariage pour toutes et tous font tout leur possible pour tenter de rallier les indécis en vue de la votation de dimanche prochain, y compris en usant de contre-vérités et d’arguments grossièrement fallacieux. En réaction, des personnalités de la société civile suisse issues de la migration s’engagent dans la campagne. Iels mobilisent au sein des communautés étrangères en faveur du changement législatif.

La mobilisation pour le mariage pour toutes et tous, étape majeure pour la démocratie et les droits humains en Suisse, ne faiblit pas. Copyright: Comité de campagne: "Ja zur Ehe für alle : Ja ich will"

Les personnes résidant en Suisse issues de la migration, les personnes avec ou sans statut légal ainsi que les réfugié.e.s, sont nombreuses à exprimer leur solidarité envers les revendications des personnes LGBTQIA+ en faveur du mariage pour toutes et tousParmi ces dernières, on trouve des migrant.e.s ayant dû fuir leur pays ou ayant rencontré diverses difficultés en raison de leur orientation affective et sexuelle, ou de la précarité de leur statut. Les communautés étrangères joueront également un rôle important dans la mise en oeuvre de la loi une fois que celle-ci aura été adoptée. 

C’est pourquoi, des membres du Parti socialiste migrant.e.s suisse et du Parti socialiste genevois se sont mobilisés pour traduire en sept langues un texte en faveur du mariage pour toutes qu’iels ont fait circuler auprès des communautés étrangères. Une douzaine de personnalités de la société civile suisse issues de la migration ont dans le même temps fait paraître dans Le Courrier du 14 septembre la prise de position suivante: 

“Contre toutes les formes de discrimination”

Nous, citoyen·nes suisses issu·es de la migration, détenteurs et détentrices pour certain·es de plusieurs passeports, défendons l’égalité des droits. Nous combattons la discrimination partout où elle se produit. Nous avons été ou sommes confronté·es à la discrimination régulièrement. C’est pourquoi nous ne sommes pas indifférent·es à la discrimination à l’encontre des personnes ayant une orientation affective et/ou sexuelle non hétérosexuelle et une identité de genre non cisgenre. 

Le Parlement, le Conseil fédéral et, selon les sondages, une forte majorité de la population suisse sont aujourd’hui heureusement favorables au mariage pour toutes et tous. La Commission nationale d’éthique, les organisations familiales et d’importantes communautés religieuses se sont également prononcées en faveur de ce changement législatif. Après l’entrée en vigueur de la loi sur le partenariat enregistré en 2007, l’adoption des beaux-enfants en 2018, l’extension de la norme pénale antiraciste (261 bis) pour protéger les homosexuel·les et bisexuel·les en 2019 et le changement d’état civil simplifié pour les personnes transgenres qui entrera bientôt en vigueur, le temps est venu d’introduire le mariage pour toutes et tous, qui constitue un pas important et attendu depuis longtemps vers l’égalité des couples homosexuels, lesbiens et plus généralement non hétérosexuels en Suisse. 

L’homosexualité et la bisexualité sont pour l’instant plus ou moins reconnues en Suisse. Néanmoins, les personnes qui aiment les personnes de même sexe/genre ne sont pas juridiquement égales dans notre pays. Iels ne peuvent pas se marier et sont donc privé·es de droits importants. Avec le mariage pour toutes et tous, cette discrimination élémentaire sera éliminée et tous les couples habilités à se marier seront traités de la même manière.L’ouverture du mariage aux couples de même sexe fera office de signal pour l’ensemble de la société. C’est très important pour le monde du travail et surtout pour les jeunes. Là où le mariage pour toutes et tous a été introduit, comme par exemple en Suède, au Danemark et dans certains Etats des Etats-Unis, on a pu observer une diminution des préjugés à l’encontre des personnes LGBTQIA+, ainsi que du taux de suicide au sein de cette communauté.

Enfin, il est important de garder à l’esprit que pour les personnes avec un statut légal précaire, par exemple celles détentrices d’un permis F (admise à titre provisoire), d’un permis N (en procédure d’asile) ou sans statut légal, le mariage n’est pas un droit garanti. Il est très souvent soumis à des conditions légales et socio-économiques hors d’atteinte pour elles, comme l’absence de poursuites ou la capacité à se porter garant·e financièrement de son/sa partenaire. Le droit au regroupement familial est quasi inexistant pour les personnes qui ont fui leur pays d’origine en raison de leur orientation sexuelle, identité ou expression de genre, laissé leur partenaire ou enfant sur place et souhaiteraient pouvoir les faire venir dans le cadre d’un regroupement familial. Votons massivement oui au mariage pour toutes et tous et poursuivons la lutte pour un accès égalitaire au mariage pour toutes les personnes LGBTIQA+.

SIGNATAIRES

Apyio Amolo-Brändle, conseillère municipale, Schlieren (ZH), et membre du comité directeur du PS Suisse;

Wahba Ghaly, conseiller municipal, Vernier (GE), PS;

Emmanuel Deonna, député au Grand Conseil genevois et membre du comité directeur du PS Migrant·es Suisse;

Gabriel Barta, membre du comité du Basic Income Earth Network (BIEN CH) et du PS;

Anis Kaiser, coordinateur·trice Antenne Asile LGBT, Genève;

Badia Luthi, conseillère municipale, Meyrin (GE), PS;

Carlo Lepori, Député au Grand Conseil tessinois et ancien coprésident du PS 60+;

Adrian Stiefel, responsable Antenne LGBTI Genève, chargé de ministère EPG;

Amanda Ojalvo, conseillère municipale, Genève, PS;

Cathy Day, présidente de la section genevoise de la Ligue suisse des droits de l’homme;

José Lilo, auteur, comédien, dramaturge;

Daniel Loureiro, conseiller municipal, Meyrin, PS;

Yves Magat, journaliste;

Simone Blum, architecte, Zürich.