L’émotion était vive mardi matin au Grand Conseil, lors de la « communication solennelle » du gouvernement informant du décès de Jean-Claude Mermoud, conseiller d’Etat UDC, responsable du département de l’économie. Un accident cardiaque avait emporté en quatre jours ce sportif confirmé qui ne craignait pas de se confronter à Sierre-Zinal ou à la Patrouille des Glaciers. Il avait succédé à Josef Zisyadis en 1998 au département de Justice et Police dont la secrétaire générale n’était autre que la future conseillère d’Etat Anne-Catherine Lyon. Clairement ancré à droite, il cherchait plus à convaincre qu’à imposer. « J’ai le goût de l’effort et le sens de la mesure », affirmait-il sur son blog. Il déploya ces qualités par exemple dans l’élaboration du Plan directeur cantonal de l’aménagement du territoire ou la nouvelle Loi sur l’agriculture. Ce paysan de formation se confronta aussi à la question de l’asile et des 523 et, comme il le fit tout au long de sa carrière, fut loyal et fidèle à ses engagements. On lui doit le projet d’assurance perte de gain pour les chômeurs et celui de revitalisation d’un droit de préemption des communes pour favoriser la construction de logements. Sa simplicité de contact, son implication sur le terrain, son sens de l’Etat font penser à Marc-Henri Ravussin, conseiller d’Etat PAI de 1968 à 1978, lui aussi agriculteur. Au sein de l’UDC, Jean-Claude Mermoud était imprégné des pratiques des agrariens vaudois. Le dernier ? « Quelles qu’aient pu être nos divergences politiques, nous saluons en lui un homme qui a toujours exercé sa fonction avec le sens de l’Etat et le souci de chercher des solutions », a déclaré Jean-Michel Dolivo au nom du groupe A Gauche toute ! du Grand Conseil.



