Quand tout le monde applique la loi, les familles trinquent!

Il faut le dire• Le 6 juin dernier, au lendemain du lundi de Pentecôte, pour la 2ème fois, une quinzaine de policiers débarquent au centre EVAM de Leysin dans le but de renvoyer une famille afghane arrivée en novembre 2016...

Le 6 juin dernier, au lendemain du lundi de Pentecôte, pour la 2ème fois, une quinzaine de policiers débarquent au centre EVAM de Leysin dans le but de renvoyer une famille afghane arrivée en novembre 2016. La mère et le fils aîné sont ailleurs, mais cela n’empêche pas les policiers d’emmener le père et ses 2 filles dont l’une de 3 ans, et de les mettre dans un vol pour la Norvège. Un mois auparavant, une autre descente de police au petit matin avait déjà eu lieu. Entre-temps, un comité de soutien s’était organisé, avait fait une conférence de presse relayée par les médias locaux et une lettre avait été adressée au Conseil d’Etat. Celui-ci ne pouvait donc pas ignorer la situation de cette famille.

Si celle-ci a quitté la Norvège, c’est que sa demande d’asile y a été rejetée. Or, il y a quelques mois, un accord informel a été signé en catimini entre les pays de l’Espace Schengen et l’Afghanistan facilitant le retour forcé des Afghans déboutés du droit d’asile. Plus de 80’000 seraient potentiellement concernés, dont des personnes fragilisées telles que des mineurs isolés et des familles. Il est édifiant de voir que ce texte ne fait aucune mention de la situation politique, sécuritaire et de l’instabilité chronique qui règne en Afghanistan. Il ne prévoit aucune garantie, même minimale, quant au respect des droits des personnes concernées.

Le canton de Vaud, sur l’injonction du SEM et au nom des accords de Dublin, a donc décidé de renvoyer une famille entière en Norvège, en sachant qu’elle y est déboutée. En l’absence d’une partie de la famille, il a simplement renvoyé ceux qu’il avait «sous la main», séparant une mère et sa fille de 3 ans et provoquant une nouvelle décompensation d’un fils adolescent de 17 ans actuellement hospitalisé en milieu psychiatrique!

Tout est légal… Mais où est l’humanité qui devrait être le propre de nos démocraties si chatouilleuses des droits humains et d’un gouvernement cantonal qui se dit de gauche? Ce renvoi est arrivé le jour où Mme Sommaruga annonçait fièrement que le nombre de demandeurs d’asile était 25% moindre qu’à pareille époque il y a une année!

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